C’est une pratique encore peu développée dans les élevages laitiers en France. Selon l’Inra (1), « dans un contexte de prix instables, le croisement en race laitière peut être une voie pertinente pour améliorer les performances technico-économiques des ateliers initialement en race pure holstein, produisant jusqu’à 9 000 litres par vache et par an ». L’institut a ainsi évalué l’intérêt de croiser les vaches holsteins avec les races normande, montbéliarde et rouge scandinave.

Améliorations sur les taux, la fertilité, la santé et la longévité

En comparaison au maintien de la race holstein pure dans le troupeau, une baisse de la production laitière annuelle est observée sur les troupeaux croisés après une simulation sur cinq ans, et confirmée sur les dix années suivantes. « Cette baisse de production est contrebalancée par l’élévation des taux butyreux et protéique, de la fertilité, de la santé de la mamelle et de la longévité », observe l’Inra.

Sur quinze ans, l’institut mesure « un gain de revenu moyen de 20 à 117 € par vache et par an, selon les simulations. L’amélioration du revenu était plus marquée pour les croisements à trois voies appliqués aux troupeaux avec une prévalence initiale élevée des troubles de santé et de reproduction, et avec un objectif de maintien du volume de lait livré ».

Effets bénéfiques pleinement obtenus après dix à quinze ans

Sur un schéma de croisement à trois voies, les femelles de première génération (dite F1) n’entrent en production qu’au bout de 39 mois en moyenne : 9 mois de gestation et 30 mois en moyenne avant le premier vêlage.

« Les effets bénéfiques ne sont obtenus à plein qu’au bout de dix à quinze ans, en soumettant tout le troupeau à un schéma de croisement rotatif. Ces effets sur la rentabilité sont toutefois suffisants pour que les conseillers d’élevage incluent l’alternative représentée par le croisement dans leurs prestations auprès des éleveurs », estime l’Inra.

(1) Institut national de la recherche agronomique.