Inacceptable, inadmissible, une tromperie, un coup dur… C’est une pluie de qualificatifs désapprobateurs qui a déferlé en réaction à l’annonce de la conclusion d’un accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, le 28 juin 2019.

« Quelques semaines après l’élection européenne, inacceptable signature d’un accord Mercosur-UE qui va exposer les agriculteurs européens à une concurrence déloyale et les consommateurs à une tromperie totale », s’est indignée, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, dans un tweet, le 28 juin.

« Un coup dur »

Interrogée par l’AFP, au lendemain de cet accord, la présidente de la FNSEA a rappelé que « c’est un coup dur pour l’agriculture d’autant plus paradoxal » que le président de la République avait affirmé souhaiter des « accords commerciaux (qui) soient cohérents avec les engagements que nous prenons pour nous-mêmes sur le plan social, environnemental et productif », lors de ses vœux au secteur agricole en janvier dernier. La présidente de la FNSEA a indiqué qu’elle souhaitait être reçue à l’Elysée avec les représentants des secteurs les plus touchés par cet accord.

L’agriculture sacrifiée

« Inadmissible », pour la Confédération paysanne, qui fustige. « Sacrifice de l’agriculture et l’élevage sur l’autel d’un commerce cannibale et d’une course folle à la croissance au détriment du climat de la planète et des Hommes », s’insurge le syndicat sur Twitter.

« Les agriculteurs sacrifiés », fustige la Coordination rurale dans un communiqué du 1er juillet 2019. Et de rappeller que « seule l’exception agriculturelle permettrait d’éviter de brader notre agriculture sur l’autel de la mondialisation et de garantir notre sécurité alimentaire ».

La Coordination s’oppose fermement à tous les accords de libre-échange destructeurs comme ceux du Mercosur ou du Ceta. Elle fait savoir qu’elle rencontrera les députés, le 17 juillet, avant l’examen de l’accord du Ceta devant l’Assemblée nationale.

Le Copa, représentant les agriculteurs européens, et la Cogeca, représentant les coopératives agricoles en Europe, ont fustigé « une politique commerciale à deux poids et deux mesures », qui élargit « le fossé entre ce qui est demandé aux agriculteurs européens et ce qui est toléré des producteurs du Mercosur », dont les normes sanitaires et environnementales ne sont pas les mêmes qu’en Europe.

Marie Salset