L’enquête, menée par les Directions départementales en charge de la protection des populations (DDPP), a débuté en août. Elle a consisté à contrôler les élevages de poules pondeuses. Son objectif principal était de « s’assurer qu’aucun des produits antiparasitaires incriminés en Belgique et aux Pays-Bas contenant frauduleusement du fipronil n’avait été utilisé en France », explique le ministère lundi dans un communiqué.

Cette enquête a associé un questionnaire transmis aux éleveurs, et des inspections de terrain ciblées dans plus de 4 500 élevages (2 900 élevages professionnels mais également élevages ou basses-cours ne mettant pas d’œufs sur le marché).

Des investigations complémentaires sur l’amitraze

Mais les services de l’État ne se sont pas arrêtés là. Ils « ont mis à profit les recherches sur l’usage du fipronil pour dresser plus largement un état des lieux des pratiques en matière de traitements contre les poux rouges », précise le ministère. Certaines pratiques ont justifié des investigations complémentaires, en particulier l’usage de produits vétérinaires à base d’amitraze, constaté dans plusieurs élevages, en dehors des modes d’utilisation autorisés ». Néanmoins, « cet usage a toujours eu lieu dans des bâtiments vides et en l’absence des poules pondeuses » et « aucun résidu d’antiparasitaire n’a été retrouvé dans les œufs. »

La profession « tire la sonnette d’alarme »

Malgré cette conclusion satisfaisante, la filière ne se réjouit pas. Le Syndicat national des industriels et professionnels de l’œuf (Snipo) « tire la sonnette d’alarme ». « Face à la pénurie d’œufs et à l’explosion des cours, les professionnels de la filière française demandent une indispensable revalorisation des prix », alerte-t-il.

Depuis le début de la crise, « le cours des œufs a connu une hausse brutale de 58 % pour atteindre des prix proches de ceux de 2012 lors de la mise en application des normes sur le bien-être animal ». En effet, « les utilisateurs d’œufs et d’ovoproduits français et européens s’orientent dans leur très grande majorité vers les œufs d’origine française ». Cette demande renforce les tensions sur le marché français « caractérisé par des cours déjà en hausse durant l’été, une offre modérée, un changement sociétal des modes de consommation et une rentrée traditionnellement soutenue pour la consommation d’œufs », explique le Snipo.

Les industriels confrontés à une « brutale hausse »

Dans ce contexte, les industriels et professionnels de l’œuf « s’inquiètent du manque de disponibilité en France et en Europe et de la brutale hausse des cours de l’œuf », la pénurie entraînant « des ruptures de livraison d’ovoproduits chez certains clients, ainsi que d’œufs coquille pour la distribution ».

« Cette situation impose une revalorisation rapide et importante des prix de vente des ovoproduits et des œufs coquille, réclame donc le syndicat. Il y va de la survie des entreprises du secteur dont l’équilibre économique se dégrade très rapidement, certains vendant parfois à perte. »

E.C.