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La FNB demande à l’État de « garantir le juste prix » de la viande

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Trésoreries à sec - La FNB demande à l’État de « garantir le juste prix » de la viande
« Les interprofessions devront définir et diffuser ces coûts de production de référence, pour chaque catégorie de produits et pour chaque maillon de la filière », indique la Fédération nationale bovine dans son communiqué. © Stéphane Leitenberger

De plus en plus d’éleveurs de bovins allaitants voient leurs trésoreries virer au rouge. Face à l’urgence économique, la Fédération nationale bovine (FNB) demande au gouvernement d’interdire « d’acheter un produit agricole à un prix ne couvrant pas le coût de production de référence du vendeur » et de « sanctionner fermement » les acteurs de la filière qui y dérogeraient.

« Abandonnés par les acteurs de leur filière comme par le gouvernement, les éleveurs entendent néanmoins tout tenter, pour faire valoir le prix de leurs produits […] », déclare la FNB dans un communiqué de presse diffusé ce lundi 15 février.

Pour l’association spécialisée de la FNSEA, l’interdiction d’acheter un produit agricole à un prix ne couvrant pas le coût de production de référence du vendeur est la « seule et unique mesure de nature à concrétiser l’ambition de la loi des États-généraux et de l’alimentation ». Elle devra s’appliquer « à l’ensemble des acteurs de la filière, y compris aux coopératives », précise la FNB.

Pour garantir la bonne application de cette loi, la FNB entend « aller beaucoup plus loin » que la multiplication des contrôles exprimée par le ministre de l’Agriculture. « Nous allons saisir les pouvoirs publics de ces propositions, qui sont les seules à même d’éviter la disparition, à court terme, de notre secteur », rapporte d’un ton grave Bruno Dufayet, le président de la FNB.

Fini le temps des promesses

Pour la FNB, les difficultés financières récurrentes des exploitations (lire l’encadré) et la disparition de quelque 2 000 éleveurs chaque année illustrent bien « l’échec » de la loi Egalim et du plan de filière dans le secteur de la viande bovine.

> À lire aussi : Parole de sénateur, « il est nécessaire de défendre nos éleveurs » de bovins viande (04/02/21)

« En dépit d’une conjoncture plutôt positive, ni le taux de ventes faisant l’objet d’une contractualisation entre l’amont et l’aval de la filière (moins de 2 %), ni la part de viandes bovines sous label rouge commercialisées (moins de 3 %), ni le prix payé aux producteurs — toujours bien en dessous de leur coût de production — n’ont progressé », déplore le syndicat.

Lucie Pouchard

« Les élevages de bovins à viande sont aujourd’hui à bout de souffle »

En 2020, l’Institut de l’élevage (Idele) prévoit des baisses de revenus dans les exploitations de bovins allaitants de l’ordre de 18 à 34 % par rapport à 2019. Les difficultés financières déjà présentes ont été « exacerbées par le cumul des effets des sécheresses et d’une conjoncture bovine toujours médiocre ».

Dans son dossier annuel « Économie de l’élevage » publié au début de février, l’Idele diffuse un observatoire des trésoreries des exploitations de bovins à viande inquiétant. « Peu d’exploitations ont une trésorerie permettant d’avoir une marge de sécurité. Elles sont contraintes de diminuer drastiquement leurs prélèvements privés quand cela leur est encore possible », indique le rapport.

Le manque de trésorerie pèse également sur les capacités de production des exploitations « en limitant les investissements ou en contraignant les choix techniques des éleveurs ».

Peu de marge de manœuvre

Le résultat courant des exploitations spécialisées de bovins à viande (hors aides conjoncturelles) est en baisse depuis 2016. « Avec des charges opérationnelles, notamment alimentaires, en constante augmentation et des produits qui peinent à progresser, l’efficacité économique des exploitations se dégrade (–4 % pour le rapport entre l’EBE et le produit brut) », rapporte l’Idele.

À l’été 2020, le revenu disponible des élevages allaitants, toutes zones confondues, s’est établi en moyenne à 15 600 € par an et par UTH familiale. « Malgré des prélèvements privés toujours restreints, aucune zone n’est en mesure de dégager une marge de sécurité », poursuit l’Idele. La proportion des exploitations endettées à long et moyen terme affichant une trésorerie négative est toujours proche du quart.

« Les élevages de bovins à viande sont aujourd’hui à bout de souffle »

En 2020, l’Institut de l’élevage (Idele) prévoit des baisses de revenus dans les exploitations de bovins allaitants de l’ordre de 18 à 34 % par rapport à 2019. Les difficultés financières déjà présentes ont été « exacerbées par le cumul des effets des sécheresses et d’une conjoncture bovine toujours médiocre ».

Dans son dossier annuel « Économie de l’élevage » publié au début de février, l’Idele diffuse un observatoire des trésoreries des exploitations de bovins à viande inquiétant. « Peu d’exploitations ont une trésorerie permettant d’avoir une marge de sécurité. Elles sont contraintes de diminuer drastiquement leurs prélèvements privés quand cela leur est encore possible », indique le rapport.

Le manque de trésorerie pèse également sur les capacités de production des exploitations « en limitant les investissements ou en contraignant les choix techniques des éleveurs ».

Peu de marge de manœuvre

Le résultat courant des exploitations spécialisées de bovins à viande (hors aides conjoncturelles) est en baisse depuis 2016. « Avec des charges opérationnelles, notamment alimentaires, en constante augmentation et des produits qui peinent à progresser, l’efficacité économique des exploitations se dégrade (–4 % pour le rapport entre l’EBE et le produit brut) », rapporte l’Idele.

À l’été 2020, le revenu disponible des élevages allaitants, toutes zones confondues, s’est établi en moyenne à 15 600 € par an et par UTH familiale. « Malgré des prélèvements privés toujours restreints, aucune zone n’est en mesure de dégager une marge de sécurité », poursuit l’Idele. La proportion des exploitations endettées à long et moyen terme affichant une trésorerie négative est toujours proche du quart.

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