Des acteurs économiques bretons ont réclamé ce mardi 9 avril 2013 le « report sine die » pour les produits agricoles et agroalimentaires, de l'écotaxe, déjà adoptée au Sénat et qui sera examinée mercredi à l'Assemblée nationale, jugeant qu'elle risque de « laminer l'emploi ».

Selon un communiqué commun des professionnels des mondes agricole et agroalimentaire, réunis mardi à Langueux (Côtes-d'Armor), l'écotaxe est « un impôt qui va affaiblir l'industrie bretonne et laminer l'emploi ».

« Le gouvernement ne peut pas dire qu'il faut faire du redressement productif en passant par un pacte de compétitivité et dans le même temps imposer l'économie de production », a martelé, lors d'une conférence de presse, Thierry Merret, vice-président de la FRSEA Bretagne.

Même colère de Daniel Sauvaget, PDG de Tilly Sabco, entreprise du Finistère spécialisée dans le poulet congelé, qui affirme qu'« à chaque fois que l'on crée des conditions de distorsion de concurrence pour les entrepreneurs bretons au détriment de leurs compétiteurs européens ou autres, c'est l'emploi breton que l'on fragilise ».

Selon les professionnels, qui rappellent que le secteur est déjà grandement fragilisé par la crise économique, le coût de l'écotaxe, évalué à 40 millions d'euros pour l'agriculture et l'agroalimentaire bretons, est l'équivalent de 2.000 emplois, à quoi il faut ajouter « 25 à 30 millions d'euros pour le transport en aval des grossistes et des plates-formes », soit 65 à 70 millions d'euros au total pour la filière bretonne.

Ils notent aussi que, « contrairement aux discours du gouvernement, il existe peu de possibilités de répercuter la taxe en aval car le rapport de force entre les fournisseurs et la grande distribution est toujours à l'avantage de cette dernière ».

Ils mettent aussi en avant l'impact qu'aurait cette taxe sur la Bretagne : « Par l'importance du fret expédié, par son éloignement des centres de consommation, la Bretagne agricole et agroalimentaire sera l'une des régions les plus pénalisées par ce nouvel impôt. »

Issue du Grenelle de l'environnement, l'écotaxe doit s'appliquer à tous les véhicules de transport de plus de 3,5 tonnes, circulant sur le réseau national non payant, selon des barèmes kilométriques. Elle est due par le client du transporteur. Elle doit entrer en vigueur le 1er octobre prochain.