« Accélérons la transition écologique et solidaire », tel est le nom du collectif parlementaire lancé officiellement ce mardi 16 octobre à Paris. Un site web Acceleronslatransition.fr est même créé. Plus de 135 députées et députés de quasi tous les bancs de l’Assemblée nationale s’engagent. Ils créent ce collectif pour organiser à l’Assemblée un travail « transpartisan sur la transition écologique et solidaire, et pour l’accélérer », peut-on lire sur le blog de Matthieu Orphelin (LREM), député de la première circonscription du Maine-et-Loire et aussi l’un des initiateurs de ce mouvement.

Continuité avec les deux dernières grandes lois

C’est le départ de Nicolas Hulot du poste de ministre de l’Écologie, ainsi que le dernier rapport des experts du Giec sur le réchauffement climatique, qui ont formé les deux éléments déclencheurs pour les députés. « Il faut écologiser la politique plutôt que politiser l’écologie », a d’ailleurs lancé Sophie Auconie (UDI), députée de l’Indre-et-Loire. Lors du lancement du collectif, les élus précisent que le travail en commun qui sera organisé s’inscrira « dans l’esprit initial du Grenelle de l’environnement ou de la loi pour la transition énergétique », soit les deux grandes lois pour l’écologie votées lors des précédents quinquennats présidentiels.

Coordination entre élus de tous bords

Concrètement, les leviers qu’actionneront les députés pour satisfaire aux objectifs du collectif sont d’unir les analyses et les votes « sur des points clefs et des avancées décisives ». « À côté de la fabrique de la loi, nous initierons ou soutiendrons des coalitions de projets novatrices, écrivent les députés. Nos modalités de travail seront souples et efficaces, respectueuses de nos entités politiques propres mais dépassant les clivages. Une réunion bimensuelle permettra de définir nos priorités d’actions dans l’agenda parlementaire ; nous nous engageons à travailler au plus près des territoires, des acteurs et de la société civile. »

La loi de finances pour 2019 en ligne de mire

À l’occasion des prochaines discussions portant sur la loi de finances pour 2019, les députés souhaitent faire avancer les nouvelles énergies, notamment le plan hydrogène annoncé l’été dernier et qui doit être doté de 100 millions d’euros par an.

Ils avanceront aussi des propositions sur la mobilité durable, « tels de nouveaux mécanismes incitatifs pour favoriser les alternatives à la voiture ou encore le remplacement des vieux poids-lourds et camionnettes par des véhicules moins polluants ». La biodiversité fait aussi partie du champ d’action, « en introduisant des bonus-malus sur certains dispositifs existants pour lutter contre l’artificialisation des sols ».

Les élus iront aussi sur le terrain de la lutte contre le gaspillage alimentaire, « par exemple en évaluant et optimisant le crédit d’impôt dont les grandes surfaces bénéficient pour favoriser le don alimentaire des invendus ». Ils veilleront aussi à la concrétisation « rapide des engagements pris dans le plan climat, notamment sur l’économie circulaire ou le climat, avec le bonus-malus sur les fluides HFC, le doublement du fond chaleur ».

Le site affecté au mouvement liste ce mercredi 17 octobre 140 députés issus de 6 groupes parlementaires et engagés dans le mouvement. Il précise aussi que des événements et des réflexions communes seront conduits dès la fin de novembre.

Vincent Gobert