Créé en décembre 2014 à l’initiative de quatre producteurs de lait, le réseau « Invitation à la ferme » regroupe désormais 13 membres. Le dernier arrivé a rejoint la structure le 29 février 2016, signant son engagement à l’occasion du Salon de l’agriculture, sur le stand de l’Agence bio. Il s’agit d’une figure connue : Pascal Massol (en Gaec avec son frère), l’ex-leader de l’Apli lors de la Grève du lait de 2009.

« Invitation à la ferme » est une marque commune aux signataires proposant une vingtaine de produits laitiers ultra-frais (yaourts au lait de vache ou de chèvre, crèmes dessert, fromages…) en circuit court. Les clients sont des enseignes de la GMS, la restauration hors domicile pour certaines des membres, des magasins bio, des Amap…

Elle implique une série d’engagements : des fermes en bio, des produits locaux vendus dans un rayon de moins de 80 km autour de chaque ferme, mais fabriqués selon des recettes communes, une priorité au pâturage, avec une surface en herbe représentant plus de 70 % de la SFP, du sucre et du cacao équitables, 100 % des emballages produits en France et recyclables…

« Avec ce réseau, le packaging et le site internet sont mutualisés, les achats des matières premières – sucre, cacao — et des emballages aussi, explique René Bigot, l’un des pionniers. Grâce à des achats groupés, les prix des fournitures sont plus concurrentiels, accessibles pour les GMS. Les recettes sont partagées, et nous bénéficions de l’appui d’un ingénieur pour la fabrication, l’installation et le dimensionnement des installations de transformation. »

Le chiffre d’affaires annuel du réseau dépassait 1 million d’euros en 2015 (la plupart des éleveurs ne transformant qu’une partie de leur production), pour 160 points de vente.

« Invitation à la ferme » s’appuie sur une SAS, employant trois personnes (dont deux à temps plein) destinées à la communication, la commercialisation et l’ingénierie pour la fabrication, grâce à un financement partiel par le Fonds Avenir bio géré par l’Agence bio (l’autre source de financement étant la prise de participation des élevages dans la SAS). Les éleveurs visent une cinquantaine de fermes à l’horizon de 2018, afin d’être autonomes financièrement.

E.C.