La police, qui avait dans un premier temps communiqué le chiffre de 6 000 manifestants, a rectifié à la fin de la journée, parlant de 9 000 personnes selon un « comptage définitif ». Les organisateurs, de leur côté, tablaient sur 10 000 à 15 000 manifestants, d’après les médias belges.

Trois jours après les grandes manifestations anti-TTIP qui ont rassemblé entre 163 000 et 320 000 personnes dans sept villes allemandes samedi, la démonstration bruxelloise avait été convoquée par une large coalition d’ONG, de partis de gauche et de syndicats.

« TTIP, Ceta, on n’en veut pas ! », ont scandé des manifestants. D’autres brandissaient une banderole : « Pour la démocratie, les services publics et sociaux : TTIP stop ». « C’est un traité qui n’est pas vraiment démocratique, on ne sait pas vraiment ce qui se passe dans les négociations, on n’a pas beaucoup d’informations, donc je suis venu montrer mon désaccord avec ça », a expliqué Boris Daurez, étudiant en histoire. L’accord de libre-échange est négocié depuis 2013 entre l’UE et les États-Unis.

« Cela va déséquilibrer totalement le marché agricole »

« On est certains d’être les grands perdants. Cela va déséquilibrer totalement le marché agricole », a dit pour sa part Stéphane Delogne, un agriculteur.

« Ces traités transatlantiques antidémocratiques [...] profiteront surtout aux actionnaires des multinationales et aux puissances financières, au détriment des agriculteurs et des consommateurs, des travailleurs et des pensionnés, des femmes et des jeunes, des PME et des classes moyennes », dénonce sur son site internet l’association belge « Stop TTIP », qui compte parmi les organisateurs.

« TTIP et Ceta vont faciliter l’exportation des produits des PME. Du moins pour le Canada où l’accord est atteint. C’est une réponse à la crise économique », s’est défendue mardi sur la radio belge RTBF la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

L’Union européenne et les États-Unis ont prévu un nouveau cycle de négociations la première semaine d’octobre, faisant fi des vives réticences de la France. Outre le TTIP, les manifestants ont exprimé leur opposition au Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada, dont les négociations sont terminées, mais qui doit encore être signé le 27 octobre en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau puis être ratifié par les États membres de l’UE.

AFP