Le ton est policé, les fanions sont immaculés, mais la détermination est là. Ce 9 juillet 2019, devant l’Assemblée nationale, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs sont venus pour dénoncer le traité du Ceta qui sera remis sur la table des députés le 17 juillet prochain.

Une vingtaine de députés ont répondu à leur appel et sont venus à leur rencontre. Parmi eux, Dominique Potier (PS), Guillaume Garot (PS), André Chassaigne (PC), Laurent Furst (LR), ou encore Paul Molac (Libertés et Territoires), et Christian Jacob (LR) ont même pris la parole pour dénoncer le traité au nom de leurs groupes.

Tous debout

« On nous fait miroiter des contrôles, mais nous n’en avons pas les moyens », a fustigé Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA. À sa suite, Christiane Lambert a dénoncé l’action gouvernementale, en estimant à la tribune que « le Ceta est un mauvais signal pour les agriculteurs ».

JA s’est fait l’écho de ces propos. « Contraire au renouvellement des générations », pour Arnaud Gaillot, secrétaire général du syndicat, « destructeurs pour l’agriculture familiale » selon Aurélien Clavel, le Ceta s’attire aussi les foudres des jeunes installés, qui se défendent d’être des néoprotectionnistes, tout en revendiquant des conditions justes pour leur activité.

La dernière couche de cette fresque de colère a été apposée par les filières des oléagineux, du lait, de la viande et des volailles, représentées par leurs présidents respectifs, Arnaud Rousseau, Thierry Roquefeuil, Bruno Dufayet, et Jean-Michel Schaeffer. « Un problème se pose avec l’aloyau. Le Ceta fera entrer 70 000 tonnes d’aloyau sur le marché européen qui n’en pèse que 400 000 ! », a lancé Bruno Dufayet aux députés présents.

Les marcheurs persistent

Seule voix dissonante de cet événement, Jean-Baptiste Moreau a pris la parole à son tour pour défendre le traité, au nom de la majorité. « Je suis allé au Canada, et je peux vous assurer qu’ils contrôlent leurs productions au moins aussi bien que nous », a assuré le député. Selon lui, seules 35 exploitations canadiennes seront en mesure d’exporter si le traité est ratifié.

« Depuis son entrée en vigueur provisoire, ce traité n’a eu que des effets bénéfiques pour les agriculteurs », a poursuivi l’élu de la Creuse. Le Mercosur, pour lui, est cependant une tout autre affaire. « Avec ce traité-là, il y a de vrais problèmes de qualité », reconnaît Jean-Baptiste Moreau.

Les syndicats agricoles, de leur côté, annoncent qu’ils surveilleront les députés. Rendez-vous le 17 juillet prochain pour un vote sous haute pression au Palais-Bourbon.

Ivan Logvenoff