Le ministre de l'Agriculture indique mercredi dans un communiqué avoir décidé de renouveler l'autorisation du traitement de semences insecticide Cruiser (thiametoxam) pour 2009. Cette dernière a été accordée avec des conditions restrictives et sous réserve d'un renforcement du suivi de son utilisation.

Comme l'an passé, les semis de maïs sont autorisés jusqu'au 15 mai 2009 et l'usage du produit sur une même parcelle ne sera possible qu'une année sur trois. L'utilisation du Cruiser sera par ailleurs uniquement possible sur maïs ensilage, maïs grain et maïs porte-graine femelle.

Parmi les nouvelles obligations figure le renforcement les conditions d'enrobage des semences. Un arrêté ministériel devrait en préciser les modalités.

Les agriculteurs seront aussi obligés de mettre en place des déflecteurs sur leur semoir pour éviter les émissions de poussières au moment des implantations.

En tenant compte de l'expérience de 2008, le protocole de suivi sera donc renforcé. Six régions (Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Aquitaine, Alsace, Poitou-Charentes et Limousin) seront concernées, contre trois en 2008. Les ruchers suivis seront plus nombreux et mis en place de façon précoce. La mesure des poussières émises sera également au programme.

Dans le cadre d'un suivi régulier et transparent, le pilotage du protocole sera assuré par un comité placé auprès du cabinet du ministre. Toutes les associations qui le souhaiteront pourront y être intégrées.

Michel Barnier a également décidé d'une série de mesures visant à développer et intensifier les expertises. L'Inra aura trois mois pour faire le bilan de l'état des recherches sur les méthodes agronomiques alternatives et évaluer les pratiques des autres pays européens pour lutter contre le taupin.

Gérard Venereau, membre de la Brigade nationale d'enquête vétérinaire, sera quant à lui «chargé de collecter, harmoniser et centraliser toutes les observations permettant de déterminer les raisons de la mortalité de rucher sur l'ensemble du territoire».

Le ministre appelle aussi les firmes phytosanitaires à intensifier leur recherche pour trouver des solutions de substitution pour sortir de l'impasse technique dans laquelle se trouvent actuellement les agriculteurs qui doivent protéger les maïs contre les taupins.

Il est par ailleurs précisé qu'à l'occasion du renouvellement de son comité d'experts sur l'évaluation des produits phytosanitaires, les associations de protection de l'environnement et les représentants de la profession apicole «pourront proposer des candidatures d'experts apidologues à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments».

C.F.