Tomas Vilsack, secrétaire américain à l'Agriculture, a profité de sa visite en Europe pour faire part de la vision des Etats-Unis sur le traité transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP).

Après un bref passage à Bruxelles le 17 juin 2014, l'équivalent de notre ministre de l'Agriculture a pris le temps de recevoir le 18 juin, dans la résidence officielle de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, quelques invités français triés sur le volet. Il devait ensuite rencontrer Stéphane Le Foll pour un déjeuner informel suivi d'une réunion de travail.

Le TTIP, qui porte à la fois sur l'abaissement des droits de douane et l'harmonisation des normes, pourrait créer à terme une vaste zone de libre-échange de plus de 800 millions de consommateurs et 40 % de la production mondiale. Mais la signature d'un tel accord ne semble pas imminente tant les philosophies alimentaires des deux protagonistes paraissent éloignées.

« On ne peut pas obliger l'autre partie à adopter des normes dont elle ne veut pas entendre parler, déclarait Tomas Vilsack, à ses invités avant de poursuivre, nous devons donc nous focaliser sur des équivalences ». « Nous utilisons des méthodes différentes mais nous avons le même objectif », défend-il en prenant l'exemple du principe de précaution européen.

« Notre système de gestion des risques est différent mais vise aussi à protéger le consommateur », argumente-t-il. Le secrétaire américain à l'Agriculture défend avant tout une meilleure compréhension des systèmes de part et d'autre de l'Atlantique. « Mieux comprendre nos systèmes respectifs nous aidera à situer la voie étroite qui permettra à chaque partie de conserver ses propres méthodes tout en bénéficiant d'une situation de libre-échange. »

Fonder son système sur la science

« La science fournit une base pour fixer des équivalences sur un marché commun », estime Thomas Vilsack. En filigrane de son discours, la question des OGM, autre norme qui fait débat dans ces négociations sur le TTIP et qui s'oppose encore au principe de précaution européen. « Chaque producteur doit pouvoir appliquer son propre système d'exploitation, qu'il soit en bio, en conventionnel, ou utilisateur de biotechnologie », insiste-t-il.

En début d'intervention, le secrétaire américain a martelé qu'il souhaitait avant tout défendre une « agriculture diversifiée » en offrant des marchés locaux aux petits producteurs américains et des marchés à l'exportation pour les firmes agroalimentaires.

P.B.