Peu connues en France, les sociétés de l’Ag Tech britannique ont profité d’une table-ronde organisée par la start-up française Valeur Tech et le pôle économique de l’ambassade de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord pour promouvoir leurs solutions de traçabilité auprès de la filière agricole et agroalimentaire française.

Danone, Bel, Unigrain… les représentants du secteur étaient nombreux dans l’auditoire. Proagrica, un poids lourd mondial dans le domaine de la plateforme d’échange et d’agglomération des données agricoles, a mis en avant son offre de « traçabilité augmentée », c’est-à-dire la possibilité de remonter depuis le steak jusqu’à la naissance de l’animal et toutes les informations sur son alimentation, son état de santé et le nombre de jours passés à l’extérieur.

Pour Mickaël Nabat, responsable du développement des big-data (mégadonnées) chez Proagrica, « la traçabilité augmentée est le meilleur moyen pour un agriculteur ou un industriel de répondre rapidement et avec des faits avérés aux attaques de L214 ou de Cash Investigation ».

Des start-ups en quête d’un marché

À l’heure où la Grande-Bretagne travaille d’arrache-pied pour mettre au point un système d’identification des animaux post-Brexit, la jeune pousse DiAgri veut imposer ses boucles connectées qui suivent l’animal tout au long de sa vie sur l’exploitation. Motivé par les labels de qualité liés à l’élevage en plein air, Ian Bester, le fondateur de DiAgri, insiste sur la possibilité de tracer tous les mouvements de l’animal et donc de garantir au consommateur un nombre de jours passés à l’extérieur.

De son côté, la start-up KisanHub se concentre sur la traçabilité de la filière de la pomme de terre avec une plateforme qui s’adapte à tous les intervenants, depuis l’agriculteur jusqu’à l’industriel. L’objectif est notamment d’anticiper les volumes et qualités de récolte afin d’adapter la logistique. Ces deux jeunes entrerpises cherchent des distributeurs et des testeurs en France.

Séquencer l’ADN en temps réel

De toutes les interventions, c’est sans nul doute celle d’Olivier Lucas, d’Oxford Nanopore technologies, qui a le plus marqué l’auditoire. Cette entreprise, qui a démarré en spin-off (start-up créée pour industrialiser un produit né de la recherche) de l’Université d’Oxford, a développé un outil qui tient dans la poche et est capable de séquencer l’ADN en temps réel.

Selon Olivier Lucas, les possibilités sont infinies dans l’agroalimentaire. Avec ce dispositif qui coûte une centaine d’euros, il est possible de confirmer l’origine d’une viande (espère, race…), de vérifier l’absence de virus ou de bactéries dans un aliment ou même de détecter la présence d’une maladie avant les premiers signes cliniques.

Cette analyse de l’ADN a porté de main, qui n’est pas sans rappeler le film d’anticipation « Bienvenue à Gattaca », est déjà disponible sur le marché. Il faut tout de même préciser que l’ADN analysé doit être purifié, ce qui oblige à transporter une mallette avec les réactifs nécessaires, en plus du boîtier portable.

Corinne Le Gall