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Tourrettes-sur-Loup, capitale de la violette

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Alpes-Maritimes - Tourrettes-sur-Loup, capitale de la violette
Le village de Tourrettes-sur-Loup, juché sur un éperon rocheux, s’est spécialisé dans la culture de la violette pour répondre à l’essor de l’industrie de la parfumerie à Grasse. © Chantal Sarrazin

Cette cité médiévale des Alpes-Maritimes est l’une des rares à cultiver la violette de nos jours. Un musée raconte l’histoire de cette fleur.

À l’entrée de la serre, vitrine du musée de la Bastide aux violettes, à Tourrettes-sur-Loup (Alpes-Maritimes), le parfum est envoûtant. En ce début de février, les cueilleurs détachent les fleurs de leurs feuilles et les déposent dans des paniers en osier. Ici, la violette pousse en hors-sol sur des boudins suspendus à la serre. C’est la famille Coche, spécialisée dans cette culture, qui utilise cette technique originale. Les autres producteurs du village la font pousser sur des « restanques », ces bandes de terre retenues par des murets en pierres sèches. « Dans les années 1960, soixante-dix familles vivaient encore de ce produit à Tourrettes-sur-Loup. Aujourd’hui, ils ne sont plus que trois producteurs», explique Patricia Tiezzi. Celle-ci est à l’accueil du musée, qui retrace l’histoire de cette fleur aux cinq pétales ayant fait la renommée du lieu.

Sur des boudins suspendus à la serre

Cette histoire a fait de la cité médiévale la capitale de cette fleur. Au XVIIIe siècle, le village s’est tourné vers cette culture bien adaptée à son terroir. À l’époque, il s’agissait de répondre aux besoins de l’industrie du parfum à Grasse. À partir de 1880, les producteurs privilégient la variété Victoria - du prénom de la reine d’Angleterre qui a séjourné à Tourrettes-sur-Loup à l’époque - car elle est la plus intéressante pour la confection de bouquets. « Aujourd’hui, notre ville demeure le site majeur de production de bouquets de violettes en Europe », rappelle Patricia Tiezzi.

Des producteurs cultivent la violette sur des boudins suspendus à la serre. © Chantal Sarrazin

Le musée en propose à la vente quand c’est la saison. « Nous récoltons la fleur de mi-octobre à fin mars, indique Marcel Quentin, l’un des trois producteurs encore en activité. Nous la commercialisons auprès de fabricants qui l’utilisent pour faire des bonbons, des confits… Au mois de mai, nous coupons les feuilles. Elles sont destinées à la parfumerie grassoise qui en extrait la concrète et l’absolue, le fixatif des parfums. » Car les chimistes ont eu beau essayer, ils ne sont jamais parvenus à extraire les fragrances de la violette.

Pour découvrir ses mystères, rendez-vous à la Bastide aux violettes et dans les ruelles du village où de nombreux artisans la mettent en valeur.

Chantal Sarrazin

En pratique

Y aller

- De Nice : A8 sortie 48, suivre Vence puis RD2210.

- De Cannes : A8 sortie 47, suivre Vence puis RD2210.

À visiter

Le musée de la Bastide aux violettes, de préférence l’hiver. Visite libre et gratuite ou guidée sur réservation (1 heure). Tarif : 3 €/personne.

À découvrir sur place

- Les ruelles du village médiéval (artisans, potiers, céramistes, bijoutiers...).

- La fête de la violette le premier week-end de mars.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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