« Normalement, on n’irrigue pas les céréales, explique Fabrice Moreau, agriculteur à Labretonie, dans le Lot-et-Garonne. Mais cette année, ça fait une semaine qu‘ elles souffrent. » Et selon Fabrice Moreau, les blés ont même 15 jours d’avance à cause du stress hydrique. « Ils sont déjà en train d’épier », assure-t-il.

Pour ce qui est des maïs, Fabrice Moreau a apporté 20 millimètres d’eau après le semis afin de les faire lever. « Ça arrive qu’on mette un peu d’eau au semis, mais c’est plutôt rare. » La préparation du sol a été compliquée. Avec 27°C et du vent la semaine dernière, le sol était très sec sur le dessus, mais humide en profondeur.

Les passages de herse ont dû être multipliés. « En général, on ne fait qu’un passage de herse rotative, mais là, on a dû en faire deux. » Fabrice Moreau cultive ses terres en techniques culturales simplifiées (TCS), mais il précise que ses voisins qui labourent ont eu les mêmes problèmes.

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Dans les argiles, ça ne pardonne pas

« On est passé d’une absence d’hiver avec du gel et d’un automne trop humide à un climat trop sec en surface », observe Denis Laize, agriculteur à La Bohalle, dans le Maine-et-Loire. Adepte du semis direct, il a dû arroser ses semis d’orge de printemps car le sillon n’était pas refermé. « Dans les argiles, ça ne pardonne pas. »

« On arrose régulièrement au printemps les petits pois semence ou les semis d’oignon. Mais arroser une céréale au printemps, vu l’hiver que l’on a eu, c’est rageant ! » poursuit Denis Laize. Et d’ajouter qu’il est aussi préoccupé par les semis de maïs qui ont lieu dans de mauvaises conditions.

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Retravailler au printemps

Dans le marais vendéen, la situation est encore pire. « On a fini de semer le blé dur il y a 15 jours. C’est du jamais vu, remarque François Arnoux, agriculteur à Longèves. 5 à 20 % seulement des grains ont levé. »

Les mais semblent plus prometteurs, mais le travail du sol a été compliqué. « Normalement, on laboure l’été, décrit-il. On laisse travailler l’argile et on le reprend à la herse rotative au début de septembre. Puis on vient semer en direct au printemps. » Cette année, François Arnoux a dû attaquer la croûte superficielle avec deux passages de herse rotative.

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Renaud d’Hardivilliers
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