Le ministère de l'Agriculture italien a annoncé le jeudi 26 août 2010 vouloir renforcer les contrôles sur la production de pulpe et concentré de tomates, qu'il juge gravement menacée par les importations venant, entre autres, de la Chine.

Le ministre Giancarlo Galan entend aussi soumettre le problème à la Commission européenne « afin que l'Europe adopte des mesures nécessaires pour sauvegarder les produits communautaires et les consommateurs européens », selon un communiqué ministériel.

Depuis plusieurs semaines, les associations d'agriculteurs de la péninsule ont alerté l'opinion et les pouvoirs publics sur les importations massives de tomates chinoises sous forme de concentré et pulpe, qui menacent la production italienne.

« Nous ne pouvons pas empêcher la libre circulation des marchandises en vigueur en Europe. Mais il y a des règles et elles doivent être respectées », a expliqué le ministre, en s'engageant à intensifier les contrôles à tous les niveaux de la filière et à vérifier que soient appliquées les lois en vigueur « en particulier, lorsqu'un produit semi-travaillé à base de tomates entre en Italie ».

Le ministère va instituer une unité de crise pour superviser ces contrôles, en attendant qu'une loi sur l'étiquetage indiquant la provenance des produits agroalimentaires soit approuvée par le Parlement italien.

Selon la Coldiretti, principale organisation professionnelle des agriculteurs italiens, « ces dix dernières années, les importations de concentré chinois ont progressé de 272 %. »

« Le problème, ce n'est pas que la tomate italienne est en crise – tout le monde le savait déjà –, mais c'est qu'elle risque de disparaître totalement et ce, dès l'année prochaine », selon Guglielmo Garagnani, président de la Confédération des agriculteurs de l'Emilie-Romagne.

Les Chinois se sont lancés il y a dix ans dans le secteur des tomates destinées aux conserves, gagnant rapidement des parts de marché en Italie, rappelle Coldiretti.

Le syndicat estime à plus de 100.000 tonnes par an les importations en provenance de la Chine vers la péninsule, soit l'équivalent de 15 % de la production de tomates fraîches italiennes destinées à la transformation en conserve.

Importés par bateaux, ces concentrés sont retravaillés et intégrés à des produits étiquetés ensuite « Made in Italy », c'est-à-dire du lieu où ils sont confectionnés, dénonce Coldiretti. « Cette situation permet aux opérateurs sans scrupules des régions du centre-sud du pays de se dérober aux accords et de sous-payer cette année la production nationale », selon Coldiretti.