La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a annoncé, vendredi, que les « tickets-restos » et autres chèques de restauration permettront aux 3,5 millions de salariés qui les utilisent d'acheter aussi très prochainement et « sans restrictions » des fruits et légumes et des produits laitiers.

« Je signe le décret aujourd'hui et il entrera en vigueur sous une dizaine de jours », a déclaré la ministre, soulignant que ces « titres-restaurants » permettront désormais « d'acquérir fruits et légumes frais, épluchés ou à éplucher ainsi que tous les produits laitiers ».

Quelque 3,5 millions de salariés français « consomment » chaque année près de 800 millions de titre- restaurants (Ticket-Restaurant, Chèque-Restaurant, Chèque-Déjeuner ou Chèque de Table). Mais jusqu'ici, ces titres étaient destinés prioritairement à l'achat de plats dans les cafés et restaurants.

« La grande nouveauté, c'est que toute la gamme des produits laitiers, sans aucune restriction, sera accessible : lait, yaourts, crèmes dessert, fromages blancs, à pâte dure ou à pâte molle... », a fait valoir Mme Lagarde.

Il s'agit, a-t-elle assuré, de concourir à une « alimentation plus équilibrée et diversifiée » des Français en permettant à ceux « qui mangent sur le pouce de pouvoir acheter autre chose qu'une quiche ou un sandwich ».

Les maîtres mots de cette décision, a-t-elle expliqué, sont « pluralité, diversité et concurrence » alors que les syndicats de restaurateurs redoutaient de leur côté un détournement de l'usage de ces titres dont ils étaient les premiers bénéficiaires.

Compléments de salaire non imposables et financés en partie par l'employeur, ces moyens de paiement ont été conçus pour permettre aux salariés ne disposant pas de cantine d'entreprise d'acheter des plats chauds.

« L'utilisation des titres-restaurants doit rester ouverte et n'a pas vocation à être réservée aux seuls restaurants », a relevé Christine Lagarde.

La ministre de l'Economie a également précisé que des représentants des détaillants en fruits et légumes allaient faire leur entrée au sein de la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR).

Annoncé pour juin, le décret a été soumis au Conseil d'Etat, procédure qui a retardé sa signature et son entrée en vigueur, selon le ministère des Finances.

Créés au milieu des années 1960 et utilisables d'abord dans les restaurants, ces titres ont été étendus à la vente à emporter et aux plats préparés, y compris ceux vendus en grandes surfaces.

Certains abus constatés dans la grande distribution avaient cependant conduit à recadrer les règles d'utilisation en mars dernier.

Mais leur utilisation avait été étendue simultanément aux fruits et légumes « immédiatement consommables ».

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