Tracteurs, paille et cadenas : ce lundi 16 septembre 2019, plusieurs dizaines d’éleveurs de l’Aude se sont déplacées devant la sous-préfecture de Limoux pour en bloquer l’accès. L’opération a été lancée par la Confédération paysanne, fortement représentée parmi les utilisateurs de l’abattoir.

« Mais on a vu des producteurs de tous les syndicats », indique Olivier Lozat, salarié de l’antenne départementale du syndicat. Le climat s’est tendu vers 11h00 avec l’arrivée des forces de l’ordre venues ouvrir un accès.

Réunion de crise

Pendant ce temps, à l’intérieur de la sous-préfecture, une réunion se tient pour trouver une issue à la crise Quillan. Autour de la table, on trouve les cogérants du syndicat d’éleveurs de l’abattoir, la sous-préfète, la députée de la circonscription, les autorités sanitaires et la chambre d’agriculture.

Les manifestants devant la sous-préfecture. © DR

En 2016, l’abattoir de Quillan avait écopé d’un « C » lors d’une inspection des services de l’État, qui avait identifié plusieurs non-conformités. L’inspecteur de la DDCSPP de l’Aude avait cependant reconnu que l’abattoir se situait « dans la moyenne nationale sur un certain nombre de points. Sur le papier, Quillan n’exigeait a priori pas de coûteuse remise aux normes. »

Les directeurs se suivent

« On veut la réouverture immédiate et un délai pour mettre en œuvre les conditions posées », martèle Olivier Lozat. Alors que leur abattoir ne présente aucun manquement grave en matière de normes, les éleveurs seront bientôt obligés de se tourner vers les départements limitrophes, comme le Tarn, l’Ariège ou les Pyrénées-Orientales. Car Quillan est le dernier abattoir de l’Aude.

Le nœud de cette crise ne serait donc pas technique, mais administratif. En mai 2019, l’ancienne directrice de l’abattoir a annoncé son départ. Deux autres directeurs lui ont succédé, mais aucun d’entre eux n’a su reprendre en main la structure. Depuis, les déclarations administratives prennent un retard, qui aurait motivé la décision des autorités sanitaires de fermer l’abattoir en attendant la nomination d’une direction plus compétente.

Ivan Logvenoff