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Emmanuel Macron lance le chantier de l’installation

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Rencontres syndicales - Emmanuel Macron lance le chantier de l’installation
Comme à son habitude avant le Salon international de l’agriculture, Emmanuel Macron a reçu les syndicats agricoles. © Cédric Faimali

À l’occasion de sa rencontre avec les cinq syndicats agricoles, le président de la République a amorcé la réflexion pour relever le défi du renouvellement des générations en agriculture.

Si le Salon international de l’agriculture a été annulé, la traditionnelle rencontre entre les syndicats agricoles et le président de la Répu­blique a bien eu lieu. C’est à l’Élysée que se sont tenus les entretiens avec Emmanuel Macron et son ministre de l’Agriculture entre le 18 et le 26 février 2021. Si plusieurs thématiques ont été abordées, c’est celle du renouvellement des générations en agriculture qui a particulièrement retenu l’attention.

Création d’un groupe de travail

« Le président de la République veut travailler rapidement sur le sujet, confie Samuel Vandaele, président de Jeunes Agriculteurs (JA). Un groupe de travail axé sur le renouvellement des générations rassemblant différents acteurs, dont Bercy, doit être assez vite mis en place. »

Il faut dire que l’enjeu est énorme : d’ici 2026, 46 % des agriculteurs seront en droit de prendre leur retraite, selon la MSA. « Au-delà de l’enjeu démographique, il est aussi question de la souveraineté et de l’autonomie alimentaire de notre pays », a également rappelé Samuel Vandaele.

Orienter les aides de la Pac

Alors que la future Pac est encore en discussion et que le ministre de l’Agriculture doit rendre son plan stratégique national au printemps, les syndicats ont tenu à rappeler leurs propositions pour aider à l’installation de la jeune génération. « L’urgence est de ré­munérer les agriculteurs », a expliqué Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne.

« Les paiements redistributifs doivent contribuer à aider les petites structures, oubliées de la Pac mais qui contribuent sur le plan social et alimentaire au territoire, poursuit-il. Il faut mieux servir les actifs pour inciter à l’installation plutôt qu’à l’agrandissement des structures. »

Autre point évoqué : le transfert de compétences aux régions dans la gestion des aides à l’installation. « Nous souhaitons un socle commun pour éviter les disparités inter-régionales », a fait savoir JA. De son côté, la Coordination rurale espère que la régionalisation permettra aux porteurs de projets ne rentrant pas dans le dispositif à l’installation aidée de bénéficier des mêmes soutiens.

Faciliter l’accès au métier

« Nous souhaiterions que l’enseignement agricole s’ou­vre davantage aux jeunes non issus du milieu agricole, et qu’il évolue plus rapidement qu’actuellement, a suggéré Pierre Thomas, président du Modef. Cette proposition a particulièrement intéressé Em­ma­nuel Macron. Nous voudrions que le métier d’agriculteur soit mieux connu et plus attractif auprès des jeunes. »

Au-delà de la formation, le renouvellement des générations passe aussi par des évolutions sur le sujet du foncier. Si le Modef, JA, la FNSEA et la Coordination rurale se disent globalement favorables au projet de loi porté par le député LREM Jean-Bernard Sempastous, ils reconnaissent aussi qu’il faudra aller plus loin pour accélérer le rythme des installations.

Alessandra Gambarini et Bertille Quantinet

Dans l’attente de vrais outils de gestion des risques

La gestion des risques a été au menu des échanges entre le chef de l'État et les syndicats agricoles. Selon JA, « Emmanuel Macron admet que le système des calamités agricoles est à bout de souffle et qu’il faut faire évoluer le système assurantiel ». Un avis partagé par la FNSEA, qui annonce que le ministre de l'Agriculture s’est « engagé à travailler sur le sujet en juin ».

De son côté la Conf’ propose que l’ensemble de la filière agricole, y compris les transformateurs et la distribution, contribue au financement de l’assurance de demain. Elle appelle à la création d’un fonds mutuel et solidaire qui engloberait tous les mécanismes actuels : calamités agricoles et assurances. Pour la Coordination rurale, une gestion des risques efficace passe par la maîtrise de l’eau. Le syndicat souhaite « une simplification des démarches pour créer des bassins ». Et comme la FNSEA, il estime que la France est en retard sur ce sujet, comparé à ses voisins européens.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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