La Confédération paysanne a réagi jeudi dernier à la décision prise par le gouvernement de suspendre la mise en place de l'écotaxe, le syndicat y voyant un « nouveau renoncement du gouvernement » qui « n'aura aucun autre effet que de calmer la mobilisation des transporteurs et des agrimanagers ».

« En fond, la crise de l'agroalimentaire breton est toujours là, et ce n'est pas cette décision populiste qui y changera grand-chose. La situation actuelle de l'agroalimentaire est la conséquence de mauvais choix économiques de dirigeants d'entreprises, y compris coopératives, pariant incessamment sur la croissance des volumes, plus que sur la valeur ajoutée des productions bretonnes », explique la Confédération paysanne.

« Tout le monde n'est pas en difficulté : regardons d'abord quelle entreprise l'est et son positionnement en termes de produits et de marchés ou encore sa stratégie de rémunération et de formation des salariés, poursuit le syndicat. Les travailleurs, qu'ils soient salariés ou paysans sont, ensemble, victimes des dérives de l'industrie agro-alimentaire. Repenser le « modèle » breton en termes de valeur ajoutée et de relocalisation serait un projet véritablement porteur d'avenir ».

« Quant à l'écotaxe, dommage collatéral d'une politique à la dérive, elle poursuivait un objectif certes louable, mais ce n'était encore une fois qu'un pansement. Une mesure censée réduire les émissions polluantes, en finançant la construction de routes, ne peut que laisser songeur... Surtout sur fond de vocation exportatrice de la France et de recherche de compétitivité qui auraient du mal à s'accommoder du très lent transport fluvial. »

« Il y a un véritable travail à faire, une ambition à avoir et à assumer, pour que paysans et salariés de l'agroalimentaire ne soient plus tributaires d'un marché dans lequel ils ne sont que des pions. Et cette réflexion doit aussi prendre en compte les questions climatiques, au-delà de l'affichage habituel de bonnes intentions. Les virevoltes systématiques du gouvernement laissent cependant craindre qu'une vision à long terme ne soit pas à l'ordre du jour », détaille la Confédération paysanne.