La Commission européenne a décidé jeudi, lors du comité de gestion du sucre, de procéder prochainement à un retrait préventif de 13,5% du sucre sous quota pour la campagne 2007-2008, soit au moins 2 millions de tonnes (Mt), afin d'éviter les risques de surproduction.

Cette décision fait suite à l'échec du plan de restructuration mis en place en 2006 dans le cadre de la réforme du régime sucrier qui prévoit une diminution de la production d'environ 6 Mt sur quatre ans. Or, seulement 2 Mt ont été à ce jour abandonnés.

La réduction de 13,5% de ces quotas est supérieure aux 12% proposés par Bruxelles en janvier dernier. Elle est toutefois différenciée selon les efforts de restructuration déjà entrepris dans certains Etats membres.

Ainsi, l'Italie, la Grèce et le Portugal, qui s'étaient déjà engagés à réduire leur production d'au moins 50% en 2007-2008, ne se verront pas imposer de diminution supplémentaire.

En revanche, les deux plus gros producteurs de sucre de l'UE, l'Allemagne et la France (environ 3,65 Mt de quota chacun), subiront une réduction de 13,5% de leurs quotas, car ils n'ont pas diminué d'eux-mêmes leur production.

C'est également le cas pour la Pologne et le Royaume-Uni (qui produisent respectivement 1,8 et 1,2 Mt), ainsi que pour les Pays-Bas et la Belgique (plus de 860.000 tonnes chacun).

L'Espagne (environ 890.000 tonnes) verra son quota réduit de 10,5%, car elle s'était déjà engagée à une diminution de 11%. De même, la République tchèque (370.000 tonnes) ne subira que 7,3% de réduction, grâce à un engagement volontaire de 23%.

La Commission européenne fera un nouveau bilan en octobre, a-t-elle annoncé. Si ces retraits de 2 Mt ne suffisent pas à équilibrer le marché, Bruxelles procédera alors à un retrait classique sur l'ensemble des quotas. Elle pourrait aussi proposer d'améliorer les conditions du fonds de restructuration pour le rendre «plus attractif» pour les producteurs. Ces nouvelles mesures devraient être annoncées à la fin d'avril.

«Ce retrait préventif de 13,5% pour la France est incompréhensible, regrette Alain Jeanroy, directeur de la Confédération générale des planteurs de betteraves), car il ne répond pas à l'esprit de la réforme. Cela pénalise les pays les plus compétitifs tout en ménageant ceux qui le sont le moins.»

I.E.