« Arrêtons de tergiverser ! lancent la FNSEA, JA, les chambres d’agriculture et Irrigants de France dans un communiqué de presse diffusé le 30 août 2019. L’État doit mettre les moyens pour aboutir à la réalisation effective d’ouvrages de stockage d’eau là où ils sont économiquement et techniquement pertinents et simplifier les procédures d’instruction. »

« Une vision territoriale de la gestion de l’eau »

Telle est la réponse de ces organisations à Didier Guillaume qui, la semaine dernière, annonçait la construction d’une soixantaine de retenues d’eau d’ici à 2022. Elles rappellent aussi qu’elles défendent « une vision territoriale de la gestion de l’eau en concertation avec l’ensemble des acteurs locaux. »

Et d’enfoncer le clou : « Faisant suite aux conclusions des Assises de l’eau, nous attendons la mise en œuvre dès maintenant de la nouvelle instruction sur les projets de territoire. De l’eau, nous en avons. Notre pays dispose de la seconde ressource en eau renouvelable en Europe. Comment alors comprendre que la France a un taux d’irrigation inférieur à la moyenne ? »

20 % du territoire en crise

« De nouveau, l’agriculture française a fait les frais d’un été frappé par une sécheresse historique dont les effets ont été amplifiés par trois canicules, rappellent-ils. En raison du déficit hydrique, près de 20 % du territoire subit des limitations ou des suspensions de certains usages de l’eau. »

La Confédération paysanne adopte un autre discours ce 2 septembre 2019. Elle estime que « tout, dans sa déclaration [celle du ministre concernant la construction des retenues collinaires d’ici à 2022, NDLR], est un pied de nez aux enjeux auxquels l’agriculture doit se confronter pour faire face à la problématique de l’eau. »

« Privatiser l’eau »

Le syndicat explique que « les bassines du Poitou-Charentes ne sont pas des retenues collinaires et ne se remplissent pas avec de l’eau de pluie. Il s’agit de pomper dans les nappes et les cours d’eau. Il s’agit, à coup de subventions publiques, de privatiser l’eau au frais du contribuable et au détriment d’une répartition équitable de l’eau entre les paysans. »

« Pourquoi regarder “l’eau tomber du ciel” alors qu’on peut la stocker ? Parce que l’eau qui tombe du ciel vient nourrir un stockage naturel qu’il convient de préserver au maximum. L’agriculture doit pouvoir compter, en particulier en période de sécheresse, sur le rechargement de ces espaces naturels de stockage et de circulation de l’eau. »

« Les conflits se multiplient »

La Confédération paysanne accuse « l’agriculture industrielle [d’avoir] asséché ce système hydraulique : les nappes ne se remplissent plus, les sols ne retiennent plus l’eau, les zones humides n’en sont plus, les cours d’eau ont été réduits et détournés. […] Et les conflits concernant la priorité et le partage de la ressource en eau entre irrigants se multiplient. »

Que propose la Confédération paysanne ? Pour elle, « l’agriculture doit minimiser ses impacts qualitatifs et quantitatifs sur les réservoirs naturels d’eau. […] La résilience de l’agriculture se joue dans sa capacité à mettre en œuvre des pratiques permettant d’économiser l’eau, de la répartir et de recréer des espaces naturels de stockage de l’eau, en particulier dans les sols. »

E.R.