« Il faut répondre à l'urgence, mais aussi préparer la mutation nécessaire pour répondre aux ambitions » de la filière agroalimentaire française, a affirmé Jean-Marc Ayrault, au Space de Rennes, jeudi.

Avant sa visite, le Premier ministre a rencontré des responsables professionnels de la filière avicole, ainsi que des représentants de salariés de Doux, Tilly-Sabco et Gad, avec lesquels il a eu « des échanges constructifs ».

Une réunion est prévue le 30 septembre 2013 en Bretagne. Et la France engagera un recours contre la décision de la Commission européenne de supprimer les restitutions aux exportations de volailles.

Au-delà de la crise qui touche l'agroalimentaire, « il faut aller plus loin et porter les ambitions de ce que nous souhaitons pour la filière agroalimentaire ». Pour cela, le Premier ministre a énuméré les mesures prises par son gouvernement : le crédit d'impôt compétitivité-emploi, dont les coopératives doivent pouvoir bénéficier, la loi bancaire...

Le Premier ministre a promis que « le coût du travail n'augmenterait pas quelles que soient les mesures prises » dans la loi de finances pour 2014. Il a également annoncé que le régime des installations classées serait bien simplifié, donnant un délai d'un mois à Stéphane le Foll pour le concrétiser. De même, il a annoncé des allégements concernant les ZES (zones d'excédent structurel).

Outre ces aspects concrets, des moyens seront déployés, en particulier pour la modernisation des bâtiments d'élevage, via la banque publique d'investissement, et le « choc de simplification » passera bien par l'agriculture.

En revanche, pas de précisions sur les modalités d'application de la Pac à part le fait que « les marges de manoeuvre nationales seraient utilisées au maximum au bénéfice de l'élevage et de l'emploi ».

« Le modèle agroalimentaire breton n'est pas mort, a-t-il conclu. Mais comme tous les modèles, il doit s'adapter aux évolutions pour conserver sa place de leader européen ». Pour Jean-Marc Ayrault, ce secteur doit participer au « redressement productif de la France » et « bénéficier du choc de compétitivité ».

Ses paroles seront-elles suffisantes pour rassurer les aviculteurs et les salariés du secteur de la volaille, qui avaient organisé un rassemblement dehors, sur le parcours initial du premier ministre ? Ou des producteurs de porcs et des salariés de Gad, qui ont manifesté le matin même dans le hall 8 ?

Nadège et Adélaïde Benaiteau, deux soeurs installées depuis deux ans en Vendée en volaille pour Doux, sont reparties chez elles sans avoir vu le Premier ministre. « Nous voulions lui faire voir le nombre de personnes qui vivent de la volaille, nous étions pacifiques », déclarent-elles.

Ils étaient venus nombreux pour faire une chaîne humaine, producteurs et salariés mais aussi élus locaux, sur le trajet des trois ministres. Mais si l'ambiance était calme dehors, celle du hall de l'élevage l'était moins, obligeant les ministres à écourter leur visite.

Plus de détailssur le plan d'action relatif à la filière de la volaille annoncé par le gouvernement.

Téléchargez le discours du Premier ministre.

Elsa Casalegno