Le dernier rapport de l’OCDE sur l’agriculture propose de réorienter les aides de soutien aux revenus des agriculteurs vers des « mesures qui favorisent une croissance durable de la productivité et améliorent la résilience face aux chocs imputables au changement climatique et aux marchés ». « Ces services contribuent à créer des conditions propices permettant à la production agricole et alimentaire d’être réactive, durable et résiliente face aux chocs externes, et ils sont préférables au soutien des prix », explique l’OCDE dans ce document publié le 21 juin 2017.

Les aides « ne bénéficient pas pleinement à ceux qui en ont le plus besoin »

L’organisation internationale met en cause les paiements directs qui « sont de plus en plus employés pour soutenir le revenu des agriculteurs ». Selon le rapport, ces aides « ne bénéficient pas pleinement à ceux qui en ont le plus besoin ». L’organisation encourage les pouvoirs publics à réorienter de plus en plus ces paiements directs vers « des biens et des services non marchands ».

« Soutenir les prix du marché est dommageable aux consommateurs, en particulier les plus pauvres, et restreint la compétitivité du secteur alimentaire », explique Ken Ash, à la tête de la direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE. « Les pouvoirs publics doivent privilégier des mesures de politique agricole – et notamment des investissements – qui concordent mieux avec leurs objectifs économiques généraux. »

77 millions d’euros vers des biens et services

Sur la période 2014-2016, les subventions apportées aux « investissements dans les ressources humaines, dans les systèmes d’innovation, de connaissances et d’information, dans les infrastructures physiques et dans les services de biosécurité » ont représenté 77 milliards d’euros sur l’ensemble des 52 pays étudiés. Dans le même temps, 265 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour assurer le « maintien des prix sur les marchés intérieurs à un niveau plus élevé que sur le marché international ».