Les producteurs de céréales et d’oléagineux réunis jeudi au Sommet du Végétal à Reims n’ont pas manqué d’exprimer leur ras le bol sur l’accumulation des normes auxquelles ils sont confrontés. « Les agriculteurs n’en peuvent plus ! », a lancé Philippe Pinta, président d’Orama (syndicat des grandes cultures), à Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, présent à Reims.

Autre sujet de crispation : le plan Ecophyto 2. « Cet objectif de - 50 % est intenable et il ne sera pas tenu, soutient Philippe Pinta. Il n’y aura donc aucune solution crédible qui tienne face à un objectif qui relève de l’incantation. » Stéphane Le Foll s’est défendu : « on ne cherche pas à stigmatiser les agriculteurs. ». Avant de provoquer l’ire des congressistes quand il a posé la question « de savoir si on peut aussi agir pour baisser les charges opérationnelles ». « Etes-vous d’accord ou pas avec l’objectif : acheter des produits phytos, c’est un enjeu pour avoir un objectif de production, mais je crois qu’il y a aussi un enjeu sur les charges opérationelles. »

La mise en place des MAE en zones intermédiaires à faible potentiel a fait aussi l’objet de vifs échanges. « Comment faire comprendre que la contrainte qui porte sur l’utilisation des herbicides rend potentiellement cette mesure inopérante, inapplicable, alerte le président d’Orama. Il convient maintenant de décider, de publier le cahier des charges définitif, de mobiliser les enveloppes régionales, de désigner les maîtres d’ouvrage 2016, pour que cette mesure attendue ait une application. » L’annonce de Stéphane Le Foll de proposer, en discussion avec les régions, une avance de trésorerie pour la MAE zone intermédiaire dans le cadre du Feader, n’a pas suscité d’enthousiasme. « Ce n’est pas une avance de trésorerie que nous voulons, car peu d’agriculteurs l’ont déjà souscrite. Il faut plutôt rendre la MAE utilisable par les agriculteurs », a souligné Gérard Tubéry, président de la Fop (fédération des producteurs d’oléagineux).

Concernant les aides Pac et la question des 52 premiers hectares, Stéphane Le Foll a opposé une fin de non-recevoir à la demande d’Orama de ne pas appliquer le passage prévu à 10 % du prélèvement redistributif. Le ministère a justifié cette décision en soulignant que l’accord notifié à Bruxelles prévoyait 10 % mais qu’il était aussi prévu de faire un point d’étape en 2017 sur la convergence et de « regarder exactement ce qui se passe ». « C’est ce qui sera fait, a indiqué le ministre. J’ai parfaitement conscience que c’est un sujet extrêmement sensible.»

Intervention de Stéphane Le Foll lors du Sommet du végétal

I.E et P.P.