Mardi matin, une question taraudait la twittosphère et la presse régionale : « Qui est l’agriculteur qui a « sauvé » les passagers d’un intercité bloqués près de Tonneins, sur la ligne Bordeaux-Toulouse, le dimanche 5 janvier 2020 ? »

Le 6 janvier, une vidéo du « sauvetage » s’est retrouvée sur twitter. On y voit les passagers d’un train descendre de la voie ferrée et monter dans une remorque agricole, le tout au milieu d’un épais brouillard.

L’intercité était arrêté dans une zone difficile d’accès pour des bus, rendant difficile l’évacuation des voyageurs. Ce « héros discret », qui ne s’est pas manifesté sur les réseaux sociaux, c’est Jean-Pierre Bernet, un céréalier, administrateur de la coopérative « Terre du Sud »

L’exploitation de l’agriculteur d’une cinquantaine d’années longe la voie ferrée et dimanche matin, aux alentours de 9 heures, il s’est rendu dans ses parcelles afin de « constater les dégâts faisant suite à des inondations ».

Au milieu du brouillard, il remarque ainsi le train arrêté et engage la discussion avec des passagers sortis fumer une cigarette. « Je leur ai alors donné mon numéro de téléphone afin que la SNCF me contacte si elle avait besoin d’aide pour évacuer les passagers », raconte-t-il.

« Cela fait partie de notre savoir-vivre »

La société ferroviaire ne lui ayant pas donné de nouvelle, il décide de repasser plus tard dans la matinée. « Je me suis permis d’y retourner avec mon véhicule et j’ai proposé de réaliser la proposition faite plus tôt », précise Jean-Pierre Bernet, qui appelle donc un voisin à la rescousse.

Les deux agriculteurs réalisent deux rotations pour conduire la centaine de passagers quelques kilomètres plus loin. Les « naufragés » du train sont alors montés dans des bus pour rejoindre leur destination.

Jean-Pierre Bernet ne tient pas à être traité « en héros ». Il estime juste avoir fait « son devoir ». « On ne peut pas parler de sauvetage, d’autres agriculteurs auraient réagi comme moi. Quand on voit des gens en difficulté on cherche à leur faciliter la vie. Cela fait partie de notre savoir-vivre en tant qu’agriculteur. »

Marie-Astrid Batut