« Les volailles de label rouge offrent un produit de très haut de gamme, sans équivalent ailleurs dans le monde, à un prix accessible pour le consommateur », souligne Marie Guyot, directrice du Synalaf, à l’issue de l’AG. La part de marché de ces filières le prouve, puisqu’aujourd’hui, « un quart des poulets achetés en France et des œufs coquille achetés en grande surface sont label ou bio, précise Éric Cachan. Les volailles de label, sous indication géographique ou bio sont aujourd’hui bien positionnées sur le marché national. À l’avenir, nous n’allons pas « renverser la table ». Néanmoins, il nous faut renforcer notre présence sur certains secteurs. »

Trois pistes

Première piste, la découpe, qui est désormais la présentation la plus achetée par le consommateur. En poulets de label, elle représente 30 % des volumes, « mais nous comptons passer à 50 % d’ici à dix ans », poursuit-il.

Une deuxième piste sur laquelle travailler, c’est la restauration hors domicile, en particulier la restauration collective. « Il existe de nombreux exemples de responsables de cantines qui achètent déjà du label rouge ou du bio, et qui ne regrettent pas : ils compensent le surcoût par kg en adaptant le grammage des portions et en limitant le gaspillage. Ce débouché est difficile car les interlocuteurs sont très variés : élus, responsables des achats, cuisiniers… Mais souvent, il suffit de rencontrer une personne motivée pour vite avancer. »

Troisième piste à développer : l’exportation vers les pays d’Europe, essentiellement ceux du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suède). « Nous n’exportons que 5 % de notre production, nous devons être plus ambitieux ! »

Parmi les poulets entiers achetés par les ménages français, la part des labels rouges représente 62 %. Les labels pèsent seulement 15 % de la production nationale, et 40 % des éleveurs. « La filière de la volaille de label arrive à maturité en France, et cherche aujourd’hui d’autres voies de développement, comme les marchés extérieurs et les produits transformés, constate Henri Baladier, président sortant de la Fédération des labels rouges, IG et STG (FédéLIS, qui réunit des signes de qualité dans toutes les productions agricoles, animales et végétales), lors de l’AG de la fédération, le 2 juin. Pour les autres viandes, il reste des progrès à faire. Seulement une proportion de 15 % de la viande d’agneau est sous label rouge, et moins de 5 % du bœuf et du veau. »

Coexistence

Lors de l’AG, un autre débat a été soulevé, celui de la coexistence entre les signes de qualité et les marques régionales ou territoriales, développées par les collectivités locales (départements, Régions). Les produits vendus sous une bannière régionale créent de fait une concurrence « déloyale » aux labels, puisqu’ils ne sont assortis que de très peu de contraintes, hormis géographiques. Sans doute faudra-t-il légiférer pour organiser cette coexistence.

Elsa Casalegno