Dans un communiqué paru mercredi, la Confédération paysanne demande à l’Inra et au Cirad d’emboîter le pas du traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (TIRPAA) en quittant le consortium DivSeek.

Ce consortium réunit 66 centres de recherche agricole et a pour mission de « permettre aux éleveurs et aux chercheurs de mobiliser une vaste gamme de variations génétiques végétales afin d’accélérer le rythme d’amélioration des cultures et de fournir des produits alimentaires et agricoles à la population humaine croissante », peut-on lire sur son site web.

Faisant suite à la dénonciation en 2014 par Via Campesina de la « planification de vol de toutes les semences du monde », le TIRPAA vient de rompre le partenariat qu’il avait conclu avec DivSeek, indique la Confédération paysanne.

Des informations qui servent au dépôt de brevet par l’industrie

Pour le syndicat, DivSeek génère des informations qui servent à l’industrie semencière. « DivSeek a été mis en place avec l’argent de la Banque mondiale pour réaliser le séquençage génétique de toutes les semences détenues dans les banques de gènes des divers pays de la planète, explique le syndicat. Il publie ensuite ces séquences accompagnées des informations sur les caractères d’intérêt des plantes concernées. L’industrie semencière n’a alors plus qu’à récupérer ces informations pour confisquer toutes les semences paysannes. Il lui suffit pour cela de déposer des brevets sur leurs gènes et les caractères particuliers auxquels ils sont liés. Ces gènes existaient pourtant bien avant que les moteurs de recherche informatique de l’industrie ne les identifient, mais l’industrie prétend avoir inventé leur découverte pour pouvoir les breveter. »

La Confédération paysanne estime que la France, en tant que signataire du TIRPAA, devrait retirer ses institutions du consortium. La raison ? « L’accès libre accordé par DivSeek à ces informations est une violation flagrante de la convention sur la diversité biologique et du TIRPAA. Ces accords internationaux interdisent en effet les brevets pouvant limiter l’accès aux semences des banques de gènes publiques », indique le syndicat.

A. Cas.