« On recommence à avoir peur comme en 2016 », s’exclame Éric Launoy, de la FDSEA de l’Aube, à la sortie d’une réunion avec plusieurs acteurs de la gestion de l’eau sur le bassin de la Seine. Les représentants syndicaux ont pu y exprimer leur revendication sur la révision du règlement d’eau faisant suite aux inondations de l’an dernier, mais se disent déçus par l’absence récurrente de VNF (1). En toile de fond réside le problème de la protection de Paris via les submersions de zones agricoles en amont.

Plus de marge en mai

Au cœur des revendications figure le remplissage des bassins de rétention pendant la période d’étiage. « Au printemps, il ne reste que la tranche de remplissage exceptionnelle, ça correspond à deux jours de pluies », explique Éric Launoy. La profession a demandé à augmenter cette tranche. « En mai, il pleut beaucoup mais pendant quelques jours, pas pendant des semaines. Les inondations ne se jouent pas à grand-chose », justifie le représentant syndical de l’Aube.

L’entretien des berges en question

L’entretien des berges des grands cours d’eau pose aussi un problème. Éric Launoy insiste sur l’obligation d’entretien du propriétaire riverain. « Comme ils ont eu des problèmes par le passé, les gens ont peur d’entretenir les rives », explique-t-il. Il évoque également le problème de l’interdiction de brûler les branches de peupliers, que l’on retrouve au milieu de la rivière lorsqu’elle déborde. « Ce sont des décisions qui ont été prises de bonne foi pour éviter le réchauffement climatique, mais sur le terrain, ça empire les choses. »

Autres questions, celle des indemnisations. « Les assureurs ne veulent plus couvrir les terrains qui ont déjà été touchés par les inondations », se plaint Éric Launoy. Pour lui, il faudrait donner un peu d’argent chaque année aux agriculteurs. Il estime que cette somme serait dérisoire face à ce que coûterait une inondation de Paris.

(1) Voie navigable de France.

Tanguy DhelinJournaliste web