Le G8, saluant samedi des progrès « notables » dans le développement en Afrique, s'est engagé à lancer une « Nouvelle Alliance » qui doit permettre, dans les dix prochaines années, « de sortir 50 millions de personnes de la pauvreté ».

Aux côtés des partenaires africains, « nos progrès ont été notables » en dix ans en ce qui concerne la sécurité alimentaire, estime la déclaration finale du G8 qui se tenait vendredi et samedi à Camp David (USA).

« Tout en nous réengageant à oeuvrer ensemble pour réduire la pauvreté, notre tâche est de promouvoir le changement qui peut y mettre fin, en investissant dans la croissance en Afrique, en amplifiant son rôle et son succès dans l'économie mondiale », indique le communiqué.

« Nous nous engageons aujourd'hui à lancer une Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition », qui « permettra de faire sortir de la pauvreté 50 millions de personnes d'ici à dix ans » par des investissements dans des projets d'ensemble des pays eux-mêmes, l'appel aux capitaux privés ou l'incitation aux innovations.

Cette annonce intervient au moment où arrivent à échéance les promesses de dons sur la sécurité alimentaire, faites à L'Aquila (Italie) en juillet 2009 (20 milliards de dollars) par les pays du G8. A l'époque, ils avaient promis de mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans afin de lutter contre la faim dans le monde en investissant dans l'agriculture.

Vendredi 18 mai, peu avant l'ouverture du G8, Barack Obama avait annoncé que Washington s'était allié à 45 sociétés pour mettre en place ce plan d'action qui doit aider à améliorer les rendements agricoles des pays en développement et à « augmenter les revenus des agriculteurs » dans ces dix prochaines années.

Parmi les 45 entreprises partenaires, on retrouve Pepsi ou le géant de la chimie Dupont. Les entreprises ont promis 3 milliards de dollars qui iront notamment à l'achat de graines et d'infrastructures.

Dans un communiqué, la Commission européenne a souligné également, vendredi, que l'UE avait fait figure de « partenaire actif » dans la mise en place de la « Nouvelle Alliance ». « Nous sommes persuadés qu'en faisant travailler ensemble les donateurs et le secteur privé, nous pourrons nous attaquer aux racines de la faim dans le monde et l'éradiquer », ont réagi la commissaire à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, et son collègue chargé du développement, Andris Piebals.

Cette Nouvelle Alliance « doit fortifier le rôle de l'Union africaine et être tenue responsable devant le peuple africain », a indiqué dans un communiqué Henry Malumo, coordinateur pour l'Afrique d'ActionAid International.

Une Nouvelle Alliance « avec les seuls gouvernements et entreprises n'a aucune chance de succès. Les paysans, coopératives et organisations non gouvernementales (ONG) doivent être une partie indispensable de l'effort », dit-il.

Katie Campbell, responsable d'ActionAid USA, a indiqué que le G8 « a offert des paroles chaleureuses » sans « promettre ne serait-ce que le maintien des engagements financiers » du sommet de L'Aquila.

De son côté, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) a présenté, le mercredi 16 mai 2012, un rapport (1) dans lequel il souligne que la sécurité alimentaire doit être au centre du développement de l'Afrique, notamment de l'Afrique subsaharienne dont le quart de la population souffre de la faim, sous peine d'échouer dans le soutien de sa croissance économique.

Mais la sécurité alimentaire en Afrique ne pourra pas être atteinte en concentrant seulement les efforts sur l'agriculture, prévient le rapport du PNUD, appelant les gouvernements à mettre en place une approche multisectorielle (production agricole, infrastructures rurales, santé et protection sociale... en donnant les moyens d'agir aux communautés locales) pour y parvenir.

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(1) Rapport sur le développement humain en Afrique 2012 : Vers un future alimentaire sécurisé (en anglais).

B.V.