Dix pays de la Méditerranée se sont mis d'accord, le 27 novembre 2013 à Alger, dans le cadre d'une réunion de l'organisation 5+5, pour lancer une stratégie afin de lutter contre l'insécurité alimentaire et favoriser la croissance et l'emploi en milieu rural.

Présidée par les ministres français et algérien de l'Agriculture, Stéphane Le Foll et Abdelouhab Nouri, cette réunion, la première du genre, a donné lieu à une déclaration d'Alger dans laquelle les participants s'engagent à prendre des mesures dans ce sens.

Les cinq pays de l'Union du Maghreb arabe (UMA) – Maroc, Algérie, Mauritanie, Libye, Tunisie – d'une part, et cinq pays de l'Union européenne du Sud – France, Italie, Espagne, Portugal et Malte – d'autre part, veulent « asseoir un partenariat fécond et mutuellement bénéfique, susceptible d'apporter les réponses adéquates au défi de la sécurité alimentaire », lit-on dans cette déclaration.

M. Le Foll a expliqué à l'AFP qu'il s'agissait « d'un enjeu essentiel », avec sur deux objectifs : d'abord un « observatoire de la consommation et de la sécurité alimentaire » pour cette région « afin que « les deux parties s'informent mutuellement et aient des réseaux qui fonctionnent ».

Le deuxième objectif porte sur la mise en oeuvre, en février prochain, d'un « système technique d'échanges statistiques sur l'ensemble des productions agricoles et des niveaux de stockage », a ajouté M. Le Foll, sur le modèle de l'Agricultural Market Information System (AMIS) qui existe déjà entre les pays du G20. Ces outils sont « extrêmement importants dans les coordinations des politiques agricoles », a-t-il indiqué. Il faut en effet « éviter les effets de la volatilité sur les marchés et les effets spéculatifs qui peuvent apparaître au moment où on s'y attend le moins », a souligné le ministre français.

Comme l'Algérie, toute l'Afrique du Nord est « en situation d'hyperdépendance céréalière » du fait des conditions climatiques, des faibles ressources en eau et de l'aridité des sols. Elle est contrainte d'augmenter sans cesse ses importations, note Sébastien Abis, économiste spécialiste de l'espace méditerranéen. Les participants ont d'ailleurs beaucoup insisté sur un échange de savoir-faire. L'Algérie impose déjà à toute collaboration avec l'étranger ce transfert de technologie.

La déclaration d'Alger appelle encore à « soutenir l'agriculture familiale qui contribue au développement des territoires ruraux, à la sécurité alimentaire et à la gestion durable des ressources naturelles. Et cela favorise le développement humain, en particulier des jeunes et des femmes », lit-on encore.

La réunion du 27 novembre, qui fait suite à la réunion du 5+5 le 16 avril à Nouakchott, n'a duré que quelques heures.