Au début de mai, ce sont déjà une quinzaine de départements, dont l'Indre et l'Isère depuis jeudi, qui sont concernés par des mesures de restrictions d'eau, une situation assez inhabituelle à cette période de l'année.

Le nombre de départements touchés ne cesse de gonfler : neuf lors du dernier bilan le 29 avril, il était jeudi une quinzaine, selon le ministère de l'Ecologie.

« On est clairement en avance par rapport aux dernières années », explique-t-on au ministère. « En revanche, en 2005, on avait déjà eu un hiver et un début de printemps assez secs, et des départements avaient pris des mesures de restriction dès le début de mai. »

La moitié nord de la France « connaît des niveaux de sécheresse au sol jamais atteints à la fin d'avril au cours des cinquante dernières années », relevait Météo-France dans son bilan du 1er mai.

Un phénomène qui touche toute l'Europe du Nord. Cette semaine, des incendies étaient signalés en Ecosse, en Angleterre et en Irlande du Nord.

En France, des mesures sont désormais prises de la Somme au Rhône, en passant par la Région Poitou-Charentes, particulièrement touchée et où il est question de « crise renforcée ».

Cela suppose en général des prélèvements, notamment agricoles, réduits et des réductions, voire des interdictions sur les arrosages des espaces verts ou le remplissage des piscines.

En revanche, en Région parisienne, les restrictions sont quasi toutes levées. Elles n'avaient pas été prises en liaison avec le phénomène de sécheresse actuel, précise-t-on au ministère, mais en raison d'une situation plus structurelle.

Des mesures de restriction des prélèvements d'eau ont été prises dans l'Indre où trois bassins sont particulièrement affectés par les déficits de pluie des derniers mois, a annoncé jeudi la préfecture de ce département. Les premières mesures ont également été prises en Isère.

L'état d'alerte a été atteint sur les bassins de l'Indrois et de la Ringoire et celui de la Tourmente a franchi le seuil d'alerte renforcée, selon un arrêté du 3 mai.

Dans les communes de ce dernier bassin, le lavage des voitures est interdit hors stations spécialisées, l'irrigation agricole et les arrosages d'espaces verts interdits entre 10 heures et 20 heures et l'arrosage des potagers interdit entre 12 heures et 17 heures, précise la préfecture dans un communiqué.

Dans les trois bassins les plus touchés par la sécheresse, le remplissage des plans d'eau est par ailleurs interdit, et la gestion des plans d'eau en barrage sur cours d'eau est strictement encadrée.

Dans le département voisin du Cher, les premières restrictions d'eau ont été prises le 12 avril dernier par la préfecture pour les agriculteurs de sept bassins versants. L'arrêté prévoit une réduction de 20 % des « volumes individuels annuellement prélevables » par les agriculteurs.

Dans l'Isère, « la plupart des stations pluviométriques ont constaté un déficit de 30 à 40 % entre janvier et avril par rapport à la moyenne des dernières années », a précisé Jacques Lionet, du service environnemental de la Direction départementale des territoires (DDT).

Les mesures prises dans le département concernent les eaux superficielles de quatre secteurs (affluents en amont du Rhône, Drac, Quatre Vallées, Varèze-Sanne) dont la gestion a été placée en état « d'alerte », selon un arrêté du 4 mai.

Dans ces quatre bassins, le lavage des voitures est interdit hors stations professionnelles, ainsi que l'arrosage des pelouses, des espaces verts publics et privés, des jardins d'agrément, des golfs et des stades entre 6 heures et 20 heures.

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