« Au niveau le plus bas, le 25 août, près de la moitié du volume de l’usine était approvisionné par les camions-citernes », explique Florence Mouly, directrice du territoire pour la Dordogne et le Limousin chez Veolia. Une usine, qui, pompant dans le Lys, approvisionne en eau potable les communes de Margerides, Monestier­-Port­-Dieu, Saint-Bonnet­-près­-Bort, Saint-­Victour, Sarroux-Saint-­Julien, Thalamy, Veyrières et un quartier de Bort.

Alerte en juillet

Dès le début de l’été, les membres du syndicat intercommunal du secteur du plateau bortois se sont inquiétés du niveau du ruisseau. « Depuis quelques années, le Lys est réalimenté en période estivale par un autre cours d’eau, le Dognon, et cette ressource supplémentaire suffisait jusque-là », précise Florence Mouly.

Mais cette année, la sécheresse a tellement réduit le débit du Lys, que Veolia et le syndicat ont été contraints d’organiser un réapprovisionnement depuis la ville de Bort. Trente camions-citernes ont défilé tout au long du week-end du 24 août sur le site. Et depuis, le ballet des citernes se poursuit, avec des restrictions de consommation pour les habitants.

Les troupeaux tirent la langue

Face aux restrictions, et pour assurer la survie de leurs animaux, les agriculteurs de ce département d’élevage sont à la limite de la légalité. « On fait comme on peut. On pompe dans les mares, dans les barrages », reconnaît Daniel Couderc, président de la FDSEA de la Corrèze.

S’il ne semble pas inquiet pour les exploitations, cette pénurie d’eau potable entraîne un surplus de travail. « Il faut deux, trois heures tous les jours pour promener l’eau », s’agace-t-il. Une hausse des coûts de production difficile à supporter, alors que les productions de lait et de viande diminuent face à la rareté des fourrages.

Trouver de nouvelles ressources

Pour Florence Mouly, pas question de montrer du doigt un groupe d’usagers. « Il faut trouver des solutions pour tout le monde. Si l’on parle de bétail par exemple, les économies d’eau, comme pour la consommation humaine, sont compliquées ». Des idées existeraient du côté des ressources en eau non-potable, ou de la prospection de nouvelles nappes.

Cette seconde solution est plébiscitée par les agriculteurs. Selon Daniel Couderc, près de 90 exploitations du secteur pourraient devenir autonomes en pompant l’eau présente sur leurs terres. « Il faudrait pour cela un plan d’investissement, afin de faire sortir les exploitations du réseau d’eau potable », estime-t-il.

L’heure, cependant, est encore à la gestion de crise. Des citernes sont réservées jusqu’au 1er septembre, et tous regardent le ciel avec impatience. « Il nous faut de la pluie, mais pas une petite averse. Quelque chose qui relève vraiment les niveaux d’eau », résume Daniel Couderc.

Ivan Logvenoff