FNE (France Nature Environnement) estime que les leçons de la sécheresse de 2003 n'ont pas encore été tirées. « La France ne s'est pas adaptée et va faire face, cette année encore, à des pertes économiques conséquentes », alors que la sécheresse de 2003 avait coûté 590 millions d'euros selon l'Inra, explique l'association écologiste.

« Cependant, la sécheresse et le réchauffement climatique ne sont pas les seuls en cause, estime FNE. Cette situation est due à notre inconséquence et notamment au choix qui a été fait d'irriguer massivement le maïs, une plante tropicale aux besoins en eau exorbitants. Dans le Poitou-Charentes, la moitié des rivières est asséchée chaque année. Dans le bassin Adour-Garonne, l'irrigation représente jusqu'à 80 % de la consommation d'eau en été. »

Pour Guillaume Cortot, de FNE : « Le financement par des fonds publics des retenues d'eau pérennise précisément des pratiques agricoles polluantes et très gourmandes en eau. »

Sur le département de la Charente-Maritime, 37 retenues de stockage sont programmées pour un investissement de 50 millions d'euros. « A 5 euros le mètre cube, c'est presque deux fois le prix de l'eau potable ! Ce coût pharaonique rend l'irrigation non viable économiquement. Elles sont pourtant subventionnées par de l'argent public jusqu'à 80 % », note FNE.

« Économiser l'eau des ménages, réduire les fuites des canalisations », comme l'a annoncé Nathalie Kosciusko Morizet, ministre de l'Ecologie, c'est bien mais pas suffisant pour FNE. « Des solutions collectives doivent être trouvées pour encourager les agriculteurs à cultiver des espèces et variétés économes en eau et promouvoir une agriculture à haute valeur environnementale, qui produit de l'alimentation en consommant moins d'intrants (eau d'irrigation, mais aussi carburant, engrais, pesticides...). »

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE : « Nous attendons avec impatience un plan gouvernemental ambitieux de reconversion des filières agricoles, leur désindustrialisation qui devra permettre des économies d'eau substantielles. Ces objectifs devront impérativement se retrouver dans la future politique agricole commune (Pac), qui se négocie actuellement à Bruxelles et dans le plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC). »

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