La Confédération paysanne demande au ministre de l'Agricuture, ce vendredi 27 mai 2011 dans un communiqué, des décisions pour limiter l'envolée du prix de la paille pour les éleveurs.

En premier lieu, le syndicat réclame que le broyage de la paille soit interdit. « C'est garantir qu'il y aura de la paille pour tout le monde et donc freiner la spéculation, estime la Confédération paysanne. Pour ne pas démunir les filières animales, il faut agir maintenant sinon les éleveurs, faute de fourrage, vont décapitaliser. La filière animale mettrait trois ans ou plus à se relever, à l'heure où nous ne sommes plus autosuffisants en viande bovine en Europe. »

Le syndicat rappelle que la sécheresse a provoqué des diminutions de rendement en fourrage de 50 % dans les grandes zones. « Les interrogations se portent aujourd'hui sur le maïs, poursuit-il. Les prévisions météorologiques laissent à penser que la récolte ne sera pas à la hauteur des espérances, accentuant encore la crise pour les filières animales. »

La Confédération paysanne demande au ministère de garantir des disponibilités suffisantes en paille et en céréales pour nourrir tous les animaux à un prix raisonnable. C'est-à-dire de la paille dans la cour de la ferme à moins de 60 €/t et des céréales au tarif des contrats du blé éthanol à 115 €/t. « Le gouvernement doit geler ces contrats pour que les céréales et la paille soient destinées prioritairement aux animaux », ajoute le syndicat.

La Confédération paysanne demande également de privilégier les céréaliers qui décideront de donner leur paille en solidarité avec les éleveurs. « Si la paille est gratuite, il n'en restera pas dans les champs, insiste-elle. Nous attendons du ministère des messages forts, des consignes adéquates pour l'ensemble des acteurs afin que tous les paysans puissent bénéficier de cette solidarité. Aider les paysans touchés par cette sécheresse à nourrir leurs animaux, c'est maintenir le potentiel de production et c'est surtout maintenir un maximum de paysans sur l'ensemble de notre territoire. »

C.H.