Quel sapin Frédéric Naudet, le premier producteur de sapins de Noël de France, choisit-il pour décorer son salon lors des fêtes ? Une variété un peu plus exotique que le désormais très classique nordmann. Cette année, c’est un sapin grandis, une variété qu’il produit et qui dégage une odeur caractéristique.

Sapin de Noël de Frédéric Naudet. © Frédéric Naudet

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Frédéric Naudet préside aussi l’Association française du sapin de Noël naturel (AFSNN). C’est vers lui que se sont tournés les organisateurs de l’événement Noël à Chambord pour fournir les précieux sapins installés dans le château de Chambord pour les fêtes de fin d’année.

De jeunes arbres à protéger de ses prédateurs

Comment sont produits ces arbres ? Les sapins sont plantés en automne ou au printemps dans des parcelles souvent grillagées. Pourquoi ? Parce que les chevreuils et les lièvres sont des prédateurs importants de cette culture. « Il suffit d’une petite population pour faire beaucoup de dégâts dans la culture », précise Frédéric Naudet.

Pendant 4 ans, les jeunes arbres sont élevés. Plusieurs désherbages par tonte ou travail superficiel du sol sont nécessaires car les petits sapins sont très sensibles à la concurrence. Les parcelles sont aussi fertilisées et une protection phytosanitaire peut être appliquée en cas de besoin.

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Une coupe en plusieurs étapes

Au bout de 4 ans, la première coupe peut être réalisée à raison d’un arbre sur quatre ou cinq. Mais c’est au bout de 6 ou 7 ans que les arbres atteignent 1,5 mètre, taille la plus demandée sur le marché. À ce moment, « on coupe fort », précise Frédéric Naudet.

À l’âge de 10 ans, les derniers sapins atteignent 2 à 2,5 mètres et sont coupés. Certains producteurs laissent grandir quelques sapins plus longtemps afin de les vendre aux collectivités territoriales. Environ 5 à 10 % des arbres ne sont pas vendables et sont donc perdus.

Préparation des sapins pour la vente. © AFSNN

L’interculture

Avant qu’une nouvelle génération soit replantée, il est possible de cultiver une céréale ou un couvert végétal pendant un an. L’agriculteur épand de la chaux pour relever le pH du sol et de la matière organique pour anticiper les futurs besoins du sapin, puis une nouvelle génération est replantée. Une rotation avec des épicéas ou d’autres variétés de sapin est possible mais pas systématique car le sapin de Nordmann représente 80 % de la production.

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Un marché très stable

« La consommation française de sapins de Noël s’élève à 6 millions d’arbres par an », explique Vincent Houis, animateur de l’AFSNN. Alors que beaucoup de productions agricoles varient de façon importante d’une année sur l’autre, le marché du petit arbre reste stable autour de 6 millions de pièces.

Le prix moyen s’élève à environ 27 euros et 80 % des sapins achetés dans l’Hexagone proviennent de la France. La rentabilité d’un hectare de sapins est comparable à celle d’un hectare de vigne de vin de pays.

Champs de sapins de Noël. © AFSNN

Une production sensible aux incidents climatiques

Pour Frédéric Naudet, « cela devient de plus en plus difficile d’avoir de beaux arbres ». En effet, les dernières années ont connu de nombreux incidents climatiques (grêle, gel printanier), dont deux sécheresses qui ont été particulièrement préjudiciables pour les jeunes plants de l’année.

Hausse des charges et stagnation des prix

Frédéric Naudet précise que la rentabilité est en baisse car le prix ne bouge pas et les charges (main-d’œuvre, transport) sont en hausse. La concurrence nationale et internationale est aussi importante. Il s’estime « un peu inquiet pour l’avenir de la filière ». Mais si vous lui demandez un conseil pour acheter votre sapin de Noël ? Il vous répondra sans hésitation : « Achetez français ! »

Renaud d’Hardivilliers