Durant 10 jours, la vache égérie du Salon de l’agriculture devient le centre de toutes les attentions. Cette star éphémère est scrutée, photographiée. Elle attire tous les visiteurs et reçoit toutes les personnalités qui viennent au Salon international de l’agriculture. Et Idéale, une charolaise accompagnée de Jean-Marie Goujat, son éleveur, n’échappe pas à cette notoriété. Ce 22 février 2020, elle a reçu la visite d’Emmanuel Macron lors de l’inauguration officielle.

« Un moment qui me marquera à vie »

« L’arrivée au Salon de l’agriculture, c’est un moment qui me marquera à vie, raconte Thibault Dijol, éleveur de Haute, vache aubrac égérie en 2018. Quand on ouvre et qu’on descend, c’est comme si c’était l’arrivée d’une star de cinéma. Il fait nuit, et elle est éclairée par toutes les lumières des caméras ». « On est lancé dans une arène », ajoute Cédric Briant, éleveur de Fine, une bretonne pie noir choisie comme égérie en 2017.

Haute, une aubrac égérie du salon en 2018. © Sia

L’emplacement de l’égérie est un lieu hautement stratégique, puisque lors de sa visite officielle le président de la République s’y arrête toujours un certain temps. Un moment qui reste généralement gravé dans la mémoire de l’éleveur de la star du salon. « On ressent que certains politiques passent parce que c’est le protocole. D’autres sont plus intéressés et passent du temps avec nous. Le président c’est quelque chose, se souvient Gilles Druet, éleveur d’Imminence, une bleue du Nord égérie en 2019. J’ai été surpris du temps qu’il nous a consacré, il est resté entre 30 et 40 minutes dans l’enclos d’Imminence, ça a été une fierté et un plaisir ! »

Même émotion pour Thibault Dijol quand il évoque sa rencontre avec Emmanuel Macron. Il a pu lui retracer l’histoire de sa vache et de son élevage.

Un passage obligé pour les responsables politiques

Pour Cédric Briant, l’expérience a été quelque peu différente. Fine était au Salon de l’agriculture au moment de la campagne pour les dernières élections présidentielles. Il se souvient moins de la visite du président que du défilé des candidats aux élections. « En 2017, la campagne était un peu houleuse. Cela avait un côté un peu barbant de recevoir tous les candidats à la présidentielle qui ont des agendas surhumains et pas le temps d’échanger », concède-t-il.

Fine, une bretonne pie noir égérie du salon en 2017. © Sia 2017/P. Parchet

Pendant une dizaine de jours, les éleveurs des égéries deviennent les porte-parole de l’élevage et du monde agricole en général. Tous les médias sont attentifs à leurs discours. Ils sont généralement choisis par les organismes de sélection des races en fonction de leur mode d’élevage et de leur capacité à partager leur expérience.

Les éleveurs se transforment ainsi en spécialistes de la communication. Ils répondent en moyenne à une centaine d’interviews lors du salon et, en amont, sur leurs fermes. Ils sont encadrés et briefés par des spécialistes de la communication. « J’avais deux attachés de presse qui m’accompagnaient, c’était très agréable », se souvient Thibault Dijol.

Des porte-parole des races et des terroirs

Cette notoriété permet aussi de mettre les races et les territoires en lumière. Pour Clémence Marinière, animatrice de l’Union bretonne pie noir, cette « formidable aventure » a eu des retombées très concrètes pour la race. « Cette présence au salon nous a permis de lancer des partenariats qui durent encore aujourd’hui, que ce soit avec des élus, le monde de la restauration, etc. », explique-t-elle.

Pour l’animatrice, cela a avant tout permis à cette race à petit effectif de gagner en visibilité et de rentrer dans la cour des grands. « Cela nous a apporté de la crédibilité vis-à-vis des professionnels des institutions. Nous nous sommes mis au niveau des grandes races », juge Clémence Marinière.

Même constat pour la bleue du Nord, également une race à petits effectifs avec 500 animaux inscrits au contrôle laitier et 25 éleveurs adhérents à l’organisme de sélection. « Cela nous a permis de présenter au grand public notre logique de race-produit-territoire : avec le lait de bleue du Nord, nous produisons le Pavé bleu dans le bassin d’origine de la race », explique Laëtitia Billes, animatrice de l’Union bleue du Nord. La race a ainsi pu grossir ses effectifs, « Je suis fier car, grâce à ce passage au salon, des élevages de mon secteur ont acheté des bleues du Nord », se félicite Gilles Druet.

Imminence, une bleue du Nord égérie en 2019, et son éleveur, Gilles Druet. © B. Caillez

Des fans à domicile

Pour la race aubrac, plus connue du grand public, les retombées n’ont pas non plus été négligeables. L’Upra Aubrac (association pour la sélection de la race bovine d’Aubrac) estime que les retombées médiatiques pour l’aubrac ont été sans précédent et que cela leur a aussi permis de nouer des partenariats.

Les trois vaches ont bien supporté l’expérience. Elles se portent toutes actuellement très bien et ont même reçu des fans à domicile. « Des touristes sont venus pour avoir des autographes de Fine », s’amuse par exemple Clémence Marinière.

Marie-Astrid Batut
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Stabilisation des cours

Alors que la semaine 49 correspond habituellement à une très forte activité des abattoirs pour servir le marché italien, les besoins de ce marché ne se montrent pas à la hauteur des années précédentes. D’une part, les volumes mis en place en Italie ont été importants depuis le milieu de l’année. D’autre part, les industriels et les distributeurs se veulent très prudents face à la montée en puissance de l’épidémie de Covid-19.