C’est la première fois que France Captages annonce sa présence au Salon de l’agriculture…

Jean-Pierre Lerude : Oui, le salon est un rendez-vous pour de nombreux agriculteurs. C’est donc une opportunité à saisir pour nous faire connaître, ou pour rencontrer ceux qui nous ont déjà contactés par téléphone après avoir appris l’existence de notre fédération nationale (2). Nous serons à l’écoute de tous ceux qui se posent des questions liées à la mise en place des protections autour des captages. Car quand on se prend sur la tête un périmètre de protection, avec l’imposition brutale de contraintes qui peuvent aller au-delà de l’agriculture bio, cela peut-être très difficile à digérer.

Quelles réponses peut apporter votre fédération ?

J.-P. L. : Tout d’abord, cela permet de rompre l’isolement. Mieux vaut se fédérer que tenter de lutter seul dans son coin. Nous guidons les agriculteurs et propriétaires concernés par un captage pour qu’ils se regroupent en association. Ils pourront ainsi plus facilement rester en justice pour contester une déclaration d’utilité publique (DUP) associée à un captage, ou saisir la CADA (1) afin de contraindre l’Administration à publier certains documents.

Florence Lerude : Le fait de se rassembler autour d’une problématique commune rend aussi les agriculteurs plus solides face à la pression de l’Administration, qui peut plonger certains agriculteurs dans le désarroi.

J.-P. L. : Les maires et les syndicats d’eau sont eux-mêmes parfois paumés… D’autant qu’ils ont souvent le souci de préserver la vie locale. Nous essayons de leur apporter une base juridique, technique et scientifique à présenter à l’Administration lorsqu’une DUP doit se mettre en place sur leur territoire.

Les actions en justice permettent-elles de dénouer des situations ?

F. L. : Oui, heureusement ! Plusieurs actions en justice ont été gagnées par des associations membres de France Captages. Nous avons acquis une certaine expérience du dossier, et nous avons un réseau de juristes et d’avocats à qui nous faisons régulièrement appel.

J.-P. L. : Il peut s’agir de contester un périmètre de captage ou d’agir sur la procédure d’expropriation. Même dans les cas où une négociation est engagée entre l’Administration et la profession, nous conseillons de déposer un recours en justice, pour se garantir en cas d’échec.

Propos recueillis par Bérengère Lafeuille

(1) Commission d’accès aux documents administratifs.

(2) Afin de répondre aux questions posées lors de la mise en place des protections autour des captages, l’association nationale France Captages sera à l’écoute des agriculteurs, des propriétaires de terres, terrains et maisons, des élus locaux lors du Salon de l’agriculture le mardi 26 février 2019 au Sima (Villepinte) et le jeudi 28 février 2019 au SIA. (Porte de Versailles)

Si vous souhaitez les rencontrer lors de cet événement, contactez Clotilde Hareau au 06 15 15 48 53 ou Jean-Pierre Lerude au 02 48 56 71 21 ou 07 86 43 76 36.