« Je n’ai peut-être pas pris le temps nécessaire pour expliquer les choses », concède Emmanuel Besnier, dans une interview donnée au Journal du dimanche le 14 janvier 2018. Le très discret patron de Lactalis a accordé son premier entretien depuis sa prise de fonction en 2000. « Ici, en Mayenne, c’est le travail d’abord, la parole après », affirme-t-il au JDD.

« Nous cherchons activement à comprendre »

Si la cause de la contamination du site de Craon est pour l’heure inconnue, le patron de Lactalis avance l’hypothèse de travaux réalisés au premier semestre. « Nos investigations portent sur la manière dont ces travaux ont été effectués. Croyez-moi, nous cherchons activement à comprendre, c’est mon obsession. »

Concernant la procédure de rappel, Emmanuel Besnier se défend de tout manquement. « Il y aura une enquête, nous collaborerons avec la justice en donnant tous les éléments qu’on nous demandera. » Le patron de Lactalis s’engage également indemniser « toutes les familles ayant subi un préjudice ».

Perspectives de reprise à Craon

Alors que l’hypothèse de la fermeture définitive de l’usine de Craon nourrissait les inquiétudes, Emmanuel Besnier s’est montré confiant sur l’avenir du site. « Nous espérons redémarrer le site dans quelques mois. Mais nous ne le ferons que lorsque nous pourrons garantir une sécurité sanitaire totale. »

En attendant, le lait destiné au site de Craon est réaffecté à d’autres sites de Lactalis. « C’est l’avantage d’être un grand groupe, estime Emmanuel Besnier. Nous avons 10 000 producteurs de lait, c’est compliqué de les connaître tous. Mais mes équipes et moi-même avons des contacts réguliers avec eux. » Il n’est pas certain que les éleveurs puissent en dire autant.

V. Gu.