«La compétitivité des exploitations doit passer par des emplois de qualité», a déclaré Claudine Faurre, présidente de la MSA de Dordogne, lors d'un colloque organisé par caisse centrale de la mutuelle, lundi à Paris. A cette occasion, des professionnels, des acteurs institutionnels et des élus ont échangé sur les évolutions des emplois agricoles et sur les pistes à suivre pour en améliorer la qualité.

En 2007, le secteur agricole rassemblait 1.653.622 salariés (source MSA). Un état des lieux dressé par l'Inra laisse apparaître que les emplois agricoles sont de moins en moins permanents, et faiblement rémunérés. «Les salariés agricoles ont le revenu moyen le plus faible, par rapport aux autres secteurs, a relevé Eric Cahuzac, de l'institut de recherche. Neuf sur dix gagnent moins de 1.500 euros».

Par ailleurs, une enquête d'Eurofound (fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail) révèle que les salariés agricoles européens sont peu formés: 7,9% des 30.000 employés ont suivi une formation depuis les 8 derniers mois. En outre, 60% d'entre eux estiment que leur activité présente des risques pour leur santé. Concernant la durée de travail, l'agriculture serait le secteur le plus affecté par les horaires très longs et par le travail le week-end. Près de 40% des personnes travaillent plus de 40 heures par semaine.

«Le défi majeur des employeurs est d'attirer les salariés et, une fois qu'ils sont en place, de les garder», a expliqué Claudine Faurre. Pour François Heyman, du syndicat de salariés CFDT, «les chefs d'exploitation prennent de plus en plus conscience de la nécessité de se former à la gestion des ressources humaines». Le responsable syndical a invité les employeurs à revoir les grilles de salaires et à développer les outils de motivation, comme l'épargne salariale et les formations professionnelles. «Un employé motivé est un employé rentable», a ajouté Pascal Denimal, paysagiste.

En organisant ce colloque, la MSA a souhaité démontrer qu'elle contribue efficacement à la création d'emplois plus nombreux et de meilleure qualité. «Son action passe par de nombreux partenariats», a soutenu Claudine Faurre: mise en place de crèches pour accueillir les enfants, organisation des transports et des logements, conception de livrets d'offres d'emplois saisonniers, mise en place de groupements d'employeurs, formations diverses, aides à la réinsertion, etc.

A.Ca.