Après la publication des lettres de rupture de contrat de collecte envoyées par Lactalis, les réactions envers le groupe laitier se multiplient. « Quand il y a un dénigrement global de l’entreprise et de ses produits, il est impossible de maintenir une relation contractuelle durable », justifie Michel Nalet, le porte-parole de Lactalis.

Condamnations en série

Dans un communiqué du 27 janvier 2017, Stéphane Le Foll « condamne fermement cette décision du groupe Lactalis ». « Les industriels ne peuvent se considérer comme les employeurs des éleveurs », a dénoncé le ministre qui a appelé à « privilégier le dialogue. »

« Lactalis décide de punir ceux qui ont osé s’exprimer dans une émission de télévision à grande écoute, a commenté André Bonnard, le secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). J’ai le devoir de m’indigner et de dénoncer ces comportements d’un autre temps. »

Sur le même ton, la Confédération paysanne qualifiait l’attitude de Lactalis de « relents moyenâgeux ». « Le géant laitier fait régner la terreur et coupe des têtes pour l’exemple », estimait-elle dans son communiqué du 30 janvier.

Un repreneur potentiel

Aujourd’hui, une lueur d’espoir apparaît peut-être pour ces cinq producteurs. Emmanuel Vasseneix, PDG de la laiterie Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH) se dit « intéressé à trouver des solutions qui aient du sens. Nous avons une vocation à être plus solidaire, souligne-t-il. Nous avons été mis dans la boucle comme repreneur potentiel. On étudiera le dossier, si nous avons une demande des éleveurs ». Le dirigeant de cette entreprise familiale n’imagine pas laisser ces producteurs sur le bord de la route.

M.B., avec E.C.