Ezra Clark avait seulement 4 ans en février 2016 lorsqu’il a été diagnostiqué comme souffrant d’un lymphome de Burkitt, une leucémie particulièrement agressive qui peut se diffuser de manière fulgurante à différents organes.

Un enfant exposé lors de la pulvérisation

Selon la plainte au civil déposée en son nom par sa mère Destiny Clark, l’enfant a été « directement exposé », à de nombreuses reprises, à du Roundup lorsque cette dernière pulvérisait sur sa propriété l’herbicide fabriqué par Monsanto. Le tribunal de Los Angeles a débuté l’examen de la plainte le lundi 13 septembre 2021.

Et le document, consulté par l’AFP, affirme que les experts de la plaignante « ont conclu, avec un degré de certitude médicale raisonnable, que l’exposition d’Ezra au Roundup était un facteur significatif » dans l’apparition de ce cancer.

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Les avocats de la plaignante accusent Monsanto d’avoir connu « depuis des décennies » le lien entre le glyphosate, principal ingrédient actif du Roundup et d’autres herbicides, et l’apparition de cancers. Ils reprochent en outre à la firme agrochimique américaine, désormais filiale du géant allemand Bayer, de n’avoir pris en compte dans ces tests que le seul glyphosate, sans examiner l’impact cancérigène du produit final, un mélange de cet ingrédient avec de nombreuses autres substances.

« Si la plaignante avait connu les risques associés à l’usage du Roundup à l’époque […] elle ne l’aurait pas utilisé », plaident-ils, demandant des dommages et intérêts d’un montant non précisé. Bayer continue, quant à lui, à défendre l’innocuité de son produit.

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Un accord de plus de 10 milliards pour mettre fin à 125 000 plaintes

Depuis le rachat en 2018 de Monsanto, Bayer affronte une salve de procédures aux États-Unis liées au Roundup. À tel point que le groupe allemand a annoncé cet été qu’il allait enregistrer une provision supplémentaire d’un montant brut de 4,5 milliards de dollars pour faire face aux conséquences potentielles de poursuites liées au glyphosate devant les tribunaux américains.

Bayer avait signé en 2020 un large accord de plus de 10 milliards de dollars pour mettre fin aux quelque 125 000 plaintes. Mais un juge américain a rejeté en mai dernier une partie de ce plan, qui aurait limité le coût des futures réclamations en recours collectif.

Selon le juge, l’accord ne protégeait pas suffisamment les intérêts des personnes qui ont utilisé le Roundup avant février 2021 et n’ont pas encore été diagnostiquées d’un lymphome non Cand, un cancer du système lymphatique.

Le Roundup est classé « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une émanation de l’OMS. Bayer réfute de son côté cette caractérisation.

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AFP