Alors que la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation a présenté jeudi les chiffres du revenu prévisionnel de 2013, la Coordination rurale (CR) estime que « même s'ils ne sont que provisoires, les chiffres annoncés ont le mérite de refléter le profond désarroi que connaissent les agriculteurs dans tous les secteurs ».

« Le revenu moyen des moyennes et grandes exploitations atteint tout juste son niveau d'il y a 15 ans (-18,7 % par rapport à 2012) », explique la CR qui rappelle que « les coûts de production sont en hausse constante et toujours bien supérieurs aux prix à la production établis selon les objectifs de marges des industriels (coopérateurs et privés), des intermédiaires, des distributeurs et selon les spéculations opérées sur les marchés des matières premières agricoles. Il est temps que cesse ce pillage. »

« Les céréaliers sont, comme lors du bilan de santé de la Pac de 2009 les principales cibles visées par les prélèvements sur les aides Pac dans le cadre de la réforme de 2015 en cours de discussion », estime le syndicat. La CR souligne « qu'ils n'auront pas à attendre son application pour voir leur revenu en 2013 baisser de 57,3 % (de 56.700 à 24.200 € pour les producteurs de COP), vu la faiblesse des cours des grains ou encore les coûts des contraintes environnementales (trame verte et bleue, verdissement de la Pac,...) ».

« La baisse du cours des grains n'est pas répercutée à son juste niveau sur les coûts alimentaires des éleveurs, qui continuent de souffrir : les prix restent très en deçà des coûts de production et ce, sur le long terme. Les éleveurs de bovins à viande voient ainsi leur revenu baisser de 8 % », ajoute la Coordination rurale.

« Alors que l'endettement global des entreprises agricoles est déjà très important, les investissements nécessaires au respect des normes (bien-être animal, nitrates) ainsi que les coups de boutoir dans le peu de mesures de régulation qui subsistent encore (fin des quotas, accords de libre-échange...) poussent les éleveurs aux cessations d'activité anticipées. »

La CR rappelle que « le potentiel de production et le tissu social français sont détruits progressivement. La Pac 2015 tant espérée par les éleveurs a vite montré son véritable jour : pas de régulation, et des enveloppes si faibles qu'elles amèneront des miettes dans les exploitations et ne les aideront en rien à sortir de la crise. »