Un audit territorial a été réalisé, ces dernières semaines, auprès de cinquante-sept personnes habitant la vallée du Tescou, ruisseau sur lequel il était prévu de bâtir la retenue d’eau de Sivens, notamment pour permettre aux agriculteurs de la vallée d’irriguer leurs cultures. La ville de Montauban est également concernée puisqu’une retenue créée en amont permettrait d’éviter qu’elle soit inondée en cas de fortes pluies. Ce projet, bloqué par l’installation de nombreux zadistes, avait suscité des affrontements au cours desquels un jeune Toulousain avait perdu la vie. Il a finalement été annulé, dans la forme et avec la taille initialement prévue, mais un projet de territoire doit voir le jour pour proposer un nouvel aménagement hydraulique.

Un point d’accord entre anti et pro…

L’audit des habitants de la vallée concernés par la retenue a permis de restituer les arguments des personnes pour et contre. Et le fait est que les choses avancent, puisque les opposants de 2014 reconnaissent aujourd’hui que l’agriculture de la vallée est bien le fait de petites fermes aux pratiques extensives et non de grosses exploitations intensives qui exporteraient au loin leurs céréales et leur maïs.

… mais encore des désaccords

En revanche, ils ne reconnaissent pas que, sans stockage collectif de l’eau, la survie de ces fermes est en jeu et que le risque qu’elles disparaissent ou deviennent justement de grosses exploitations pour réussir à s’en sortir est réel. Sauf quand cela les arrange… Un maraîcher bio, opposant notoire, aurait demandé des droits à irriguer pour des terres nouvellement acquises, alors qu’il y a deux ans, il s’opposait aux agriculteurs de la vallée qui revendiquaient ces mêmes droits.

Le protocole Etat-département maintenu

Début juillet, le tribunal administratif de Toulouse a prononcé l’annulation de l’arrêté inter-préfectoral du 2 octobre 2013 de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) du projet initial. Un décret qui aurait été important si des procédures d’expropriation avaient été nécessaires. Mais cela n’a pas été le cas à Sivens puisque les acquisitions de terres se sont faites de façon négociée. L’arrêté d’autorisation de défrichement et celui relatif à la protection d’espèces ont aussi été par conséquent annulés.

En revanche, le protocole d’accord transactionnel entre l’État et le département, pour créer une autre retenue, a été maintenu. La prochaine étape sera le début du travail des acteurs locaux sur un nouveau projet de territoire, en septembre prochain.

Florence Jacquemoud