La FRSEA et les Jeunes Agriculteurs du Midi-Pyrénées refuseront « un quelconque contrôle » d'Etat sur leurs exploitations tant que le site du barrage de Sivens (Tarn) restera occupé par les zadistes.

Dans un communiqué du 2 février relayé par l'AFP, la FRSEA du Midi-Pyrénées et Jeunes Agriculteurs, favorables au projet de barrage désormais abandonné dans sa forme actuelle, accusent l'Etat d'« être incapable de faire respecter le droit sur le site de Sivens ». Ils rappellent que la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, avait demandé en octobre « la libération du site par ses occupants », ce qui reste en suspens. Ils se disent « révoltés » par ce traitement « totalement discriminatoire » de l'Etat envers ses administrés, évoquant une « tolérance faite à une minorité d'individus ne respectant aucune légalité et le traitement réservé à des acteurs économiques et sociaux ancrés dans un territoire ».

« Tant qu'un même régime de légalité ne sera pas appliqué à tous, sans distinction, tous les moyens seront employés pour que les exploitations agricoles soient interdites à tout contrôleur de l'Etat », poursuivent-ils.

Les zadistes au tribunal

Pour leur part, les zadistes étaient convoqués ce lundi à 14h30 au tribunal d'instance d'Albi en vue de leur expulsion du bâtiment dit de la Métairie, mais l'audience a été reportée au 11 février 2015. A la demande du Conseil général et des riverains, ils sont également convoqués mardi matin devant le tribunal de grande instance en vue de leur expulsion des parcelles occupées. Une rencontre des zadistes avec le préfet est prévue cette semaine.

Le 28 janvier, à l'Assemblée nationale, la ministre de l'Ecologie avait déclaré que « par rapport à l'occupation illégale du site, l'engagement que je peux prendre, [...] en accord avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, c'est que dès lors que les élus locaux auront fait leur choix, alors il y aura une évacuation du site afin que l'État de droit reprenne ses droits. » Elle répondait au député Philippe Folliot (UDI) qui avait appelé le gouvernement à « faire respecter partout, et surtout à Sivens, les lois de la République », dénonçant la « zone de non-droit » instaurée, selon lui, par des « individus hors la loi ».