En plein examen de la proposition de loi « manger local » de Brigitte Allain, députée de la Dordogne, la commission des affaires économiques du Sénat a adopté ce jeudi 3 mars 2016, un amendement revenant sur l’objectif de 20 % de bio dans les cantines d’ici à 2020.

« La surface agricole utile cultivée en « bio » représentait à la fin de 2014 moins de 5 % du total en France, justifie Henri Tandonnet (UDI), sénateur à l’origine de l’amendement. Il est illusoire d’escompter une progression de la production en bio suffisante pour satisfaire, à l’échéance de 2020, l’objectif de 20 % figurant dans la loi, sur la base de productions françaises. » Et d’ajouter que cela « reviendrait à dévaloriser les autres critères de cette alimentation tels que l’approvisionnement en circuits courts ou la saisonnalité des produits ».

Le sénateur souhaite une approche « plus flexible », en ne définissant pas d’objectif chiffré « irréaliste ».

Très remontée contre ce tacle, Brigitte Allain a critiqué sur Twitter des sénateurs « à contre-courant de la société », rappelant le chiffre de 76 % de Français favorables à sa mesure.

Adopté le 14 janvier par les députés, le texte sera discuté en séance publique au Sénat le 9 mars prochain.

Alain Cardinaux