Réunis dans le Quercy, une centaine d’adhérents des réseaux Afocg (1) sont repartis requinqués de leurs deux jours de rencontres. Les visites d’exploitation en circuit court tout autour de Figeac le 24 octobre, comme les débats du lendemain, ont motivé même ceux qui ne font pas de vente directe.

Toutes les formes de commercialisation étaient présentes dans les visites grâce à l’Afocg du Quercy qui avait tenu à cette diversité : magasins de producteurs, Amap, GIE, vente à la ferme ou à la coopérative… Selon la présidente de cette Afocg, Valérie Muret, éleveuse de caprins en Gaec (2,6 UTH sur 10 hectares), l’association locale réunit 87 % d’adhérents en circuit court : « L’Afocg nous permet de connaître nos chiffres, d’échanger nos expériences sans tabou et de comprendre notre outil de travail. C’est indispensable pour être chef chez soi. C’est l’agriculteur le décisionnaire. » […] « Nous devons avoir la maîtrise de notre développement », a poursuivi le président de l’InterAfocg, Bruno Gobe producteur de lait pour Lactalis, en système herbe et en reconversion bio.

Parmi les conseils délivrés au cours de la journée par Jacques Mathé, professeur d’économie rurale à Poitiers et auteur du livre « Les dix clefs pour réussir en circuit court » (2), ont émergé plusieurs idées-forces : choisir le circuit qui convient à l’exploitant sans exclusive, ne pas hésiter à s’informer sur les circuits existants même si on a un a priori négatif (le bon produit au bon endroit au bon moment), soigner son business plan, avoir un ou deux indicateurs infaillibles de sa santé économique (prix moyen du panier)…

Des expériences un peu décoiffantes

Et les témoignages sur le terrain et en salle ne manquaient pas de ces expériences un peu décoiffantes : un réseau Gamm vert qui, à la surprise et parfois l’agacement de certains participants, a dynamisé la vente de produits locaux. Ou encore ce producteur de miel qui a délégué la commercialisation pour se consacrer à ses ruches, et n’hésite pas à affirmer que ses miels se vendent mieux quand ses pots sont placés près du Nutella dans un supermarché que dans le rayon des produits du terroir : « Il y a tellement plus de passage client », affirme-t-il.

Les circuits courts s’enrichissent de multiples expériences. Les demandes sont très loin d’être satisfaites. Il y a donc de l’avenir dans cette relocalisation de la consommation de produits agricoles. Mais il reste encore des points cruciaux à améliorer : fixer des prix qui couvrent non seulement les coûts de production mais aussi le temps de travail des producteurs et la valeur immatérielle de ces produits, ne pas se laisser étouffer par la demande croissante de sa clientèle, savoir dire non pour mieux s’organiser, voire déléguer certaines tâches, renoncer aux modes de vente trop gourmands en temps…

Donner « envie d’avoir envie »

Bref à l’issue de ces rencontres faites pour donner « envie d’avoir envie », le président des Afocg, Bruno Gobé, a commencé à réfléchir aux prochains thèmes avec son équipe : la maîtrise du développement de son exploitation ou comment faire face aux changements climatiques sur les exploitations.

Marie Gabrielle Miossec

(1) L’InterAfocg réunit 19 Afocg sur 29 départements.

(2) Éditions France Agricole.