Certains se demandent où le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, est passé. Hier, le 27 août 2018, Thierry Roquefeuil, le président de la FNPL, la Fédération nationale des producteurs de lait, se demandait : « À part la corrida, qu’a fait le ministre cet été ? » Et ce matin sur les réseaux sociaux, certains lançaient même une alerte pour enlèvement.

Eh bien, c’est dans le journal L’Opinion dans lequel il publie une tribune que le ministre fait sa rentrée. « L’avenir de notre agriculture passe par la qualité, par la montée en gamme, et donc par un niveau encore supérieur d’exigence dans la production, avec moins de pesticides, une gestion optimisée de l’eau, une attention redoublée au bien-être animal », déclare Didier Guillaume dans une tribune publiée sur le site du journal L’Opinion, le 28 août 2019.

Le ministre de l’Agriculture semble point par point réaffirmer la feuille de route du gouvernement sur les sujets agricoles, mettant en avant la nécessité d’une transition agroécologique. « De grands efforts ont déjà été engagés depuis des années. Je demande aux agricultrices et agriculteurs de croire en eux, en leur capacité à changer leurs pratiques culturales et d’élevage. »

Étiquetage de l’origine

Le ministre exhorte aussi « les consommateurs-citoyens » à prendre leurs responsabilités. « On ne peut pas vouloir sauver la planète devant son journal, et s’en moquer devant son caddie, s’insurge-t-il. Je m’engage à développer les mesures d’étiquetage, pour valoriser la production française de qualité. Il est primordial que chacun puisse faire ses achats alimentaires en connaissance de cause. »

Il juge les critiques sur le Ceta « infondées même si elles traduisent une préoccupation légitime des Français » et ouvre la porte à un renforcement des contrôles. « J’entends aussi la nécessité non seulement d’avoir des règles strictes, mais de les appliquer et de pouvoir les contrôler », concède-t-il.

Sur le traité du Mercosur, il a réaffirmé, appuyant les propos du président de la République, que « l’écologie prime sur le commerce ». De manière plus générale, il estime que les règles de l’Organisation mondiale du commerce doivent évoluer. « Plus aucun accord ne doit être conclu s’il ne garantit pas un principe d’équité des producteurs et de protection des consommateurs », indique-t-il.

Une Pac confortée

Didier Guillaume a réaffirmé son engagement et celui d’Emmanuel Macron, afin de simplifier la Pac et maintenir un budget fort, tout en recentrant les mesures sur la transition agroécologique. Il encourage chaque maillon de la chaîne à accompagner les agriculteurs vers cette transition.

« Je refuse que les agriculteurs soient montrés du doigt, désignés comme des empoisonneurs. […]. Il s’agit de cheminer ensemble vers l’agroécologie, une agriculture qui veut renouer avec les vertus de l’agronomie et du progrès. […] Cela ne dépend pas seulement des agriculteurs, mais de leurs coopératives, des industriels, pour investir de nouveaux débouchés et de nouveaux services. »

Marie Salset.