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Voler pour contempler la terre

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Agriculteur pilote - Voler pour contempler la terre
« Un planeur n’est pas plus difficile à piloter qu’une 2 CV », plaisante Gilles Laurent. © Alexie Valois

Céréaliculteur retraité, Gilles Laurent pilote des planeurs depuis l’adolescence. Sa passion l’a mené à créer une « vélisurface » sur ses terres du Vaucluse.

Comme quand il était enfant, Gilles Laurent aime lever les yeux au ciel et regarder les avions voler au-dessus des Alpilles, dans les Bouches-du-Rhône. Mais il ne se contente pas d’admirer les pilotes.

Il fait partie de ces hommes qui grimpent à bord d’un aéronef et s’aventurent à haute altitude, sans moteur. « Un planeur n’est pas plus difficile à piloter qu’une 2 CV », plaisante-t-il.

Formé au vol à voile

Sa passion l’a occupé très jeune. À 14 ans, il conduisait la jeep agricole paternelle, puis il s’est formé au vol à voile avec un pilote de Fouga magister, l’avion à réaction français. Celui-ci lui a appris la précision de l’atterrissage, la phase la plus délicate.

Plus Gilles volera, plus il appréciera de prolonger ces moments où l’on peut « contempler le vrai visage de la terre », écrivait Antoine de Saint-Exupéry.

Une rencontre décisive

Professionnellement, Gilles Laurent a d’abord suivi les conseils de son père, ingénieur et agriculteur. Avec un diplôme universitaire technique en poche, il est parti dans le New Jersey, aux États-Unis, parfaire son anglais et se former à la thermique­ nucléaire.

Le jeune pilote en a profité pour s’élever jusqu’à 9 000 mètres dans le ciel américain. Embauché chez Framatome, il y reste quelques mois avant de reprendre, en 1980, l’exploitation arboricole familiale située à Mérindol, dans le Vaucluse.

« Michel Rocard m’a conseillé la vente directe et la culture du blé dur. »

Vers la fin de cette décennie, il fréquente le centre national de vol à voile de Château-Arnoux-Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence). Un jour, il accueille à bord de son planeur un passager de marque : Michel Rocard, alors Premier ministre. Ce dernier est aussi un mordu du vol sans moteur.

« J’ai passé 4 heures dans le huis clos de l’habitacle à discuter avec cet ancien ministre de l’Agriculture. Il m’a décrit sa vision des quatre prochaines décennies, m’a conseillé de développer la vente directe, et de cultiver du blé dur en Provence », se souvient Gilles Laurent. Écoutant ces indications, il devient céréaliculteur tout en conservant des vignes et des oliviers.

Il profite des trois mois plus calmes sur l’exploitation pour voler avec ses amis du club « Luberon sous le vent », qu’il a fondé, mais aussi pour installer chez lui une « vélisurface » de 1 200 mètres de long. « L’aménagement se résumait à un broyage des chaumes. »

Aujourd’hui retraité, ses terres ont été transmises à un jeune éleveur bovin. Gilles a tout son temps pour voler depuis les aéroclubs de Vinon-sur-Verdon (Var) et de Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), où il s’occupe de la maintenance des planeurs.

Alexie Valois

Un treuil pour décoller

La plupart des planeurs quittent la piste à l’aide d’un treuil motorisé. C‘est moins onéreux que remorqué par un avion. Afin d’équiper sa « vélisurface », Gilles Laurent a fabriqué un treuil en modifiant un moteur de BMW 735 d’occasion.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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