Soigneusement maquillée, l’agricultrice d’Aresches, dans le Jura, est fière de faire visiter l’outil de travail dont elle a longtemps rêvé : l’écurie. Aménagée avec soin dans un ancien hangar de stockage de fourrages, elle abrite treize boxes, une douche avec eau chaude, et un manège. À l’extérieur, le rond de longe et la carrière en sable complètent l’équipement du centre. « Tout a été conçu pour favoriser le bien-être des animaux et gagner en efficacité, commente Maguelone Giraud. Car sur notre exploitation, nous vivons d’abord de nos 45 vaches montbéliardes. »

L’exploitation de Maguelone et Pierrick compte 45 montbéliardes. La production laitière reste leur principale source de revenus. © Anne Brehier

La voltige avec des comtois

Sur dix cours particuliers que la jeune femme de 24 ans donne à la ferme, huit concernent la voltige. Ce sport acrobatique qui se pratique au galop est ici enseigné sur des comtois, des chevaux de viande et de trait auxquels il faut inculquer de la souplesse et apprendre à tourner court. Un exercice pas naturel pour ces montures lourdes. Les reprises débouchent sur des spectacles que Maguelone organise l’été dans des fêtes locales. « En 2020, la plupart de nos week-ends étaient pris, avant que la Covid ne remette tout en cause », regrette la cavalière.

« Le cheval m’a appris la maîtrise de soi. »

Originaire des Hautes-Alpes, où ses parents élevaient des moutons, l’écuyère a appris la voltige adolescente, au contact de cavaliers professionnels. Proches de Mario Luraschi, ces voltigeurs s’installaient chaque été dans son village.

Par la suite, Maguelone a passé un BPJEPS (1), option équitation. Elle a toujours souhaité vivre sa passion du cheval en restant dans le monde agricole. « Cet équilibre m’est indispensable. Le cheval m’a appris la maîtrise de soi. » Avec Pierrick, son compagnon, rencontré lors d’un concours de montbéliardes, elle a concrétisé son projet. Tous deux se sont installés en Gaec et hors cadre familial en 2020. Outre leur intérêt commun pour le cheval, ils ont un caractère dynamique. Adhérente active des JA de Salins-les-Bains, l’éleveuse est très impliquée dans l’association du musée du cheval comtois, et au syndicat des éleveurs comtois du Jura. Elle prépare une formation de juge de chevaux comtois, modèle et allure. « Comme Pierrick, j’aime avoir des projets. »

Anne Bréhier

(1) Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport.