Estampillé d’un dessin de tracteur et tout collant de wax (cire), le surf de Pierrick Horel a franchi les lames de plusieurs océans. Le fan l’a rapporté d’Australie en 2017. Il y avait passé un mois avec sa compagne Pauline, sur la côte Est, où sa sœur a choisi de vivre. Des vacances hautement méritées pour ce jeune agriculteur installé à Aubignosc (Alpes-de-Haute-Provence) depuis 2010. Il y a créé, en couple, un élevage d’aubracs. « Le vivant me passionne, confie-t-il. J’aime vivre en extérieur avec les saisons, le contact avec les animaux, et les cultures. Cette vache rustique me plaît et se prête bien au bio pour la vente directe. » Son cousin Dorian a ensuite rejoint le Gaec La ferme du Noyer, puis son père, Xavier.

Pierrick Horel, agriculteur surfeur. © A. Valois

Sur l’un des plus beaux spots au monde

La passion de Pierrick pour la mer plonge dans ses racines paternelles. Son grand-père pêchait la morue à Terre-Neuve, avant d’être commandant de navire. Xavier a initié son fils de dix ans au surf un jour de tempête à Palavas-les-Flots (Hérault). Pierrick a contracté la passion des vagues. « L’hiver, je guette les coups de vent en Méditerranée, dit-il. Je descends surfer sur la côte entre Marseille et Toulon, habillé de néoprène de la tête aux pieds. L’énergie naturelle des vagues me coupe de tout, m’emmène et me ressource. »

« L’énergie des vagues me coupe de tout et me ressource. »

Quand l’été se termine, l’activité de la ferme ralentit et les plages se vident. En famille, le surfer se rend dans les Landes. Depuis 2012, il préserve ce rituel salvateur : être dans l’eau, prendre au bon moment et au bon endroit une vague née à des milliers de kilomètres de là. « Son hyperpuissance nous rend humble, avoue-t-il. Il m’est aussi arrivé sous l’eau d’avoir peur de ne plus retrouver la surface. » Et lors de son périple australien, Pierrick a reculé en apercevant les silhouettes de requins près du bord. Mais il a réalisé l’un de ses rêves à Noosa (Queensland) : surfer plus d’une minute une vague qui se déroule doucement sur l’un des plus beaux spots au monde. Désormais, il fait découvrir les plaisirs de la glisse aquatique à son fils aîné, Alexis. Le prochain voyage sera au Costa Rica, quand la pandémie s’atténuera.

Ces joies personnelles, tout comme son engagement syndical national en tant que secrétaire général adjoint au sein de JA, tiennent à son organisation pointilleuse et à la santé de son exploitation. La répartition des rôles sur la ferme l’autorise à monter régulièrement à Paris. Reconnaissant d’avoir été conseillé, il aide en retour ses collègues. « J’ai la chance de pouvoir donner du temps aux autres », reconnaît-il volontiers.

Alexie Valois